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Sécheresse : vers une saison à hauts risques dans le sud-est ?

Alors que des pluies ont copieusement arrosé le sud-est le week-end dernier, les régions méditerranéennes sont-elles tirées d’affaire quant au risque de sécheresse ? Ou au contraire, d’autres précipitations seront-elles nécessaires ces prochaines semaines ? Le point sur la situation.

Le manque d'eau devient criant dans le sud-est avec des restrictions déjà en vigueur dans plusieurs départements.
Le manque d'eau devient criant dans le sud-est avec des restrictions déjà en vigueur dans plusieurs départements.

Après un automne et un hiver plus secs que la normale, le spectre d’une sécheresse est rapidement apparu dans plusieurs départements, en particulier dans le sud-est du pays. Le risque d’un manque d’eau est même devenu majeur après une première moitié de printemps où la pluie est restée aux abonnées absentes près de la Méditerranée. Ainsi, les pluies tombées en fin de semaine dernière sur la Corse et au cours du week-end dans les régions méridionales ont été plus que bénéfiques et sont arrivées à point nommé, même si cela ne suffira probablement pas…

La journée la plus pluvieuse depuis 2020 !

Sous l’influence d’une première goutte froide qui a circulé dans les parages de l’Adriatique, l’île de beauté a essuyé mercredi et jeudi dernier des précipitations marquées avec localement plus 100 mm sur le relief et la Castagniccia. Les cumuls ont ainsi atteint 111 mm à Campile, soit l’équivalent d’un mois et demi de pluie, 108 mm à Bocognano ou encore 105 mm à Vivario. Avec une moyenne agrégée de 37 mm jeudi, ce 21 avril est devenue la journée la plus arrosée en Corse depuis le 28 novembre 2020 ! Ces pluies ne mettent cependant pas fin au déficit de précipitations sur l'île qui atteint encore 30 % depuis le 1er janvier.

Sur le continent, c’est en début de week-end que les pluies ont fait leur retour au passage d’une goutte froide qui a circulé du golfe de Gascogne jusqu’en Italie. En l’espace de 24 heures, les quantités de pluie ont souvent dépassé les 50 mm avec notamment 108 mm à La Souche (Ardèche), 68 mm à Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), 66 mm à Frayssinet (Lot), 61 mm à Glandage (Drôme) ou encore 60 mm à Saint-Christol (Vaucluse). Ces valeurs représentent 2 à 3 semaines précipitations à cette période de l’année.

Dans les Alpes-Maritimes, il est tombé 47 mm à l'échelle du département, soit autant en une journée que durant les 7 semaines précédentes. Il s'agit aussi du plus fort cumul moyenné en 24 h depuis le 2 octobre 2020 ! Les précipitations ont également touché l’ouest du pays mais de manière plus aléatoire en raison du caractère orageux des averses. Elles ont ainsi épargné une grande partie du Poitou et des Charentes, des régions également très touchées par la sécheresse depuis plusieurs semaines.

Des restrictions d’eau déjà en vigueur

Ces précipitations vont-elles mettre un terme ou un frein à la sécheresse dans les départements méditerranéens ? Pas si sûr car malgré les forts cumuls du week-end, l'indice d'humidité des sols reste largement déficitaire dans le sud-est. Ainsi, dans le Var, c’est la 4ème valeur la plus basse pour une fin avril depuis 1959 avec un déficit moyen de précipitations de 32 % depuis l’automne dernier, le cumul atteignant 426 mm quand la normale est de 628 mm sur cette même période. À ce jour, ce département mais aussi la Drôme, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes sont concernés par des arrêtés de restrictions d’eau.

La visite d'une nouvelle goutte froide début mai pourrait apporter de la pluie et des orages dans le sud du pays.
La visite d'une nouvelle goutte froide début mai pourrait apporter de la pluie et des orages dans le sud du pays.

Si l’aggravation de la sécheresse est stoppée par ces pluies, il en faudra d’autres et dans des quantités importantes, pour inverser réellement et durablement la tendance. Or, les prévisions ne sont guère optimistes pour cette dernière semaine d’avril avec tout au plus, le développement de quelques orages en montagne l’après-midi. Le début du mois de mai pourrait ensuite voir la visite d’une nouvelle goutte froide dans le sud du pays, synonyme de pluies orageuses.

Tout devrait donc se jouer au cours du mois de mai car rappelons que les tendances saisonnières semblent confirmer un trimestre d’été (juin-juillet-août) plus chaud et plus sec que la normale. Les prochaines semaines seront ainsi déterminantes pour la situation hydrologique de l’été dans le sud-est et plus largement pour une grande partie du pays.