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Océans : pourquoi le secrétaire général de l’ONU a-t-il dû s’excuser ?

À l’occasion de la conférence sur les océans qui s'est déroulée à Lisbonne du 27 juin au 01 juillet, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a ouvert l’événement en présentant des excuses publiques.

ONU Conférence océan
Antonio Guterres s'est excusé au nom de sa génération pour l'état des océans et de la planète qu'il va laisser aux générations futures.

La capitale du Portugal accueillait la Conférence sur les océans qui s’est terminée ce vendredi. L’objectif : protéger les océans, et toutes espaces maritimes en mettant en évidence le lien entre le dérèglement climatique et l’état actuel des océans.

Gouvernements, organisations non gouvernementales, scientifiques et entrepreneurs étaient invités à Lisbonne afin de chercher des solutions pour lutter contre l’acidification de l’eau, la pollution, la pêche illégale, et la perte d’habitat et de biodiversité.

Antonio Guterres, le Secrétaire général de l’ONU a ouvert le Forum de la jeunesse et de l’innovation - événement qui précède et fait partie de la Conférence des Nations Unies sur les océans - avec des excuses au nom de sa génération envers les plus jeunes pour "l’état des océans, de la biodiversité et du changement climatique” dont ils vont hériter.

“Ma génération doit assumer la responsabilité de là où nous en sommes. Et, comme l'a dit le président (du Portugal), bien que nous puissions probablement faire quelque chose pour l'inverser, sa génération héritera d'une planète en difficulté. Nous devrons tout faire pour tout renverser : inverser les décisions politiques, inverser les décisions économiques et inverser le comportement individuel”, a-t-il expliqué.

Et cet ancien Premier Ministre portugais n’a pas mâché ses mots : “De ma génération, ceux d'entre nous qui avaient des responsabilités politiques, comme c'est mon cas, étaient lents, ou parfois nous ne voulions pas reconnaître que les choses empiraient. (...) Et même aujourd'hui, nous avançons trop lentement par rapport à la nécessité d'inverser la menace, de réhabiliter les océans, de sauver la biodiversité et d'arrêter le changement climatique. Nous continuons à aller dans la mauvaise direction.

Selon lui, il n’y a pas que la crise du réchauffement climatique mais bien une triple crise : celle du climat, la crise de la biodiversité et la crise de la pollution. Et l’océan “est le point d’accueil de toutes ces crises”.

“Les océans sont plus chauds. Nous voyons comment les coraux sont détruits. Nous voyons que les tempêtes deviennent de plus en plus dévastatrices partout. La surpêche a un impact dramatique sur la biodiversité”, a-t-il rappelé à l’assemblée.

Les océans sont essentiels. Ils sont une source de vie qui absorbent une partie du CO2 présent dans l’atmosphère et régulent le climat de notre planète. L’ONU rappelle que 680 millions de personnes vivent dans des zones côtières de basse altitude et estime que ce chiffre passera à environ un milliard d’ici 2050. Selon l’organisme, les activités industrielles basées sur l’utilisation des océans emploieront 40 millions de personnes d’ici 2030.

"Nous devons apprendre à vivre dans le respect de l'océan : ne pas y verser d'ordures et ne pas les chauffer autant", a ajouté le Secrétaire général. Les prochaines générations seront confrontées à une planète où le réchauffement climatique dépasse les 2 voire 3°C.

“Votre génération sera essentielle. Maintenant, vivre maintenant. Demain, pour être en mesure de gérer et d'inverser cette tendance et de sauver la planète, et je vous souhaite beaucoup de succès. Le succès que, malheureusement, ma génération n'aurait pas pu avoir”, a fini par conclure Antonio Guterres.