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Scarabée japonais : la France sonne l'alerte face à la menace !

Déjà observé chez nos voisins suisses et italiens, le scarabée japonais risque d'être bientôt détecté en France. En quoi ce petit coléoptère est-il une menace pour l'agriculture française ?

Invasion Scarabée japonais France
Le scarabée japonais est une menace pour 400 espèces végétales dont il se nourrit des racines aux feuilles.

Il ne mesure qu'un centimètre de long et 0,6 millimètre de large à l'âge adulte et pourtant, il fait des ravages. Le scarabée japonais, ou Popillia japonica de son nom scientifique, est une véritable menace pour l'agriculture. Une menace qui arrive aux frontières de la France.

Originaire d'Asie, cet insecte - aussi baptisé hanneton japonais - a la carapace brune cuivrée et un corps couleur vert métallique dont l'abdomen est recouvert de rangées de poils blanchâtres.

D'abord repéré en 2014 dans les régions du Piémont et de la Lombardie en Italie puis le 21 juin 2017 dans le Tessin en Suisse, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avertit que "la probabilité qu'il entre en France est haute."

Ce lundi 13 juin 2022, l'Anses décide de lancer l'alerte contre cet insecte ravageur qui menace les agricultures françaises. Pas de solution pour empêcher cette espèce envahissante de venir grignoter nos cultures, l'Anses recommande donc une vigilance accrue.

400 espèces végétales menacées :

Le hanneton japonais est un tueur de plantes. Car il "se nourrit préférentiellement de feuilles tandis que les larves s'alimentent des racines" des plantes hôtes, explique l'Anses. Une fois adulte, ce scarabée est actif de juin à septembre et ne risque pas de mourrir de faim en France.

Soja, maïs, rosiers, pruniers, asperges, vignes, érables, champs de céréales, arbres et même le gazon ! Au total plus de 400 espèces végétales sont menacées par l'arrivée imminente de ce coléoptère venu du Japon. Une fois mangées, les feuilles trouées ressemblent à de la dentelle, diminuant leur capacité de photosynthèse "et donc leur rendement" explique l'organisme.

Surtout que "c'est un insecte qui se déplace facilement", déclare Christine Tayeh, coordinatrice scientifique à l'Anses. En plus de voler, le scarabée a un "comportement autostoppeur, c'est-à-dire qu'il peut être transporté sur n'importe quel support, pas uniquement sur les plantes dont il se nourrit", souligne l'Agence.

Et les conditions météorologiques françaises n'arrangent rien ! "Les conditions de température et de précipitation lui sont favorables et, comme il peut consommer de nombreuses espèces de plantes présentes sur le territoire français, il n'aura pas de difficulté à trouver des sources de nourriture", toujours selon l'Anses.

Peut-on limiter les dégâts ?

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'a pas (encore) été détecté en France. La mauvaise, c'est qu'il "n'y a aucune raison qu'il n'entre pas sur le territoire", déclare la coordinatrice scientifique de l'unité Expertise sur les risques biologiques du laboratoire de la santé des végétaux de l'Anses.

Seule solution : "intervenir dès la première détection de l'insecte" grâce à des "pièges équipés de leurres mixtes" c'est-à-dire une combinaison de phéromones sexuelles et d'attractifs floraux. L'Agence préconise de les placer près des frontières de l'Italie et la Suisse ainsi que dans les ports, aéroports et routes.

Cette méthode a déjà prouvé son efficacité aux États-Unis notamment en Californie et en Oregon, où il a migré au début du XXème siècle. Pour cela, l'organisme français préconise "de déployer des moyens de surveillance dynamiques puis de lutte, lorsque la population est encore faible et isolée."

En revanche, l'agence prévient que "si de telles actions ne sont pas déployées dans les plus brefs délais après la détection du scarabée japonais, empêcher sa dissémination une fois qu'il se sera établi sur le territoire risque d'être long et d'avoir une faible chance de succès".