Black Friday repoussé en France : un impact écologique très lourd !

Guerre des prix, promotions à gogo, gaspillage, appel à la surconsommation, incitation à l'achat compulsif, le Black Friday est un événement terrible pour l'environnement. Dans cette lutte actuelle contre le réchauffement climatique, un événement comme le Black Friday semble paradoxal...

Black Friday
L'industrie de la mode génère à elle seule entre 3 et 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

La prise de conscience écologique renforcée suite à la crise sanitaire mondiale risque d'être mise de côté pour ce "vendredi noir" prévu en France ce vendredi 4 décembre. Tardivement convertis à cet événement venu des États-Unis, ils seront 2 français sur 3 à y participer cette année. Mais le Black Friday est un véritable cauchemar pour l'environnement.

Le Black Friday aura donc lieu en France cette année après le reste du monde. Normalement célébré lors du dernier vendredi de novembre, cette date coïncidait en France avec la date du déconfinement décidée par le gouvernement français après la deuxième vague de Covid19. Pour les autorités, il était hors de question de voir s'agglutiner des dizaines de milliers de personnes dans les magasins. À la demande des autorités, les professionnels du secteur se sont donc engagés à repousser le Black Friday au vendredi 4 décembre 2020 afin de mieux pouvoir adapter le protocole sanitaire.

Le textile, secteur très prisé des consommateurs du Black Friday et l'un des plus polluants :

L'industrie textile représente entre 3 et 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Son mode de production a un impact néfaste pour la planète : pour fabriquer un jean, il faut minimum 7 500 litres d'eau ! C'est énorme quand on sait qu'au cours des quinze dernières années, la durée de vie d'un vêtement a été divisée par deux alors qu'on achète 60% plus de textile qu'avant en France.

Les produits high-tech sont aussi polluants, il faut 70 kg de matières premières pour fabriquer un smartphone de 70g. Le Black Friday se joue aussi sur internet et donc par livraison. Cet événement génère du trafic internet - un email représente 0.15g de CO2 multiplié par le nombre de mails envoyés, on atteint vite une empreinte carbone considérable - et donc aussi un important trafic routier.

Ces achats à outrances favorisent l'augmentation de la pollution et l'appauvrissement des ressources naturelles. Raison pour laquelle de nombreuses marques françaises ont décidé de boycotter cette journée.

Consommer moins mais mieux :

Dans nos placards, 7 objets sur 10 ne sont jamais utilisés selon le collectif éco-responsable Make Friday Green Again. Pour eux, le vrai coût du Black Friday est social et environnemental : "consommer raisonnablement est la meilleure variable pour lutter contre le réchauffement climatique" insistent-ils sur les enseignes des magasins partenaires.

Créer en 2017, l'association Green Friday sensibilise la population à une consommation plus raisonnée. Les 500 adhérents doivent fournir des garanties sur le mode de production, l'utilisation des matières premières et l'emploi des salariés, ce qui assure aux consommateurs les valeurs du commerce équitable dans le respect de l'environnement.