Fortes chaleurs cette semaine : risque de canicule ?

Le 1er épisode de fortes chaleurs de l'été touche une grande partie du pays cette semaine, avec des pointes à plus de 35°C mais peut-on pour autant parler de canicule ? Explications et prévisions.

À Paris comme dans de nombreuses villes, les fontaines seront source de fraîcheur en cette période de fortes chaleurs.
À Paris comme dans de nombreuses villes, les fontaines seront source de fraîcheur en cette période de fortes chaleurs.

Il fait chaud et va faire de plus en plus chaud. Cette semaine est marquée par une période de temps estival généralisé avec un soleil généreux et des températures de plus en plus élevées alors que l'été a officiellement débuté samedi dernier, le 20 juin. Cette situation s'explique par la mise en place d'un flux de secteur sud à sud-ouest entre un anticyclone s'installant sur l'Europe centrale et une dépression présente sur l'Atlantique. Entre les deux, de l'air très chaud d'origine subtropicale remonte depuis le Maghreb pour englober progressivement tout l'hexagone.

Pic de chaleur, vague de chaleur ou canicule ?

Alors d'une canicule exceptionnelle s'apprêtait à toucher la France et en particulier les régions méditerranéennes il y a près d'un an, doit-on craindre une nouvelle période avec des températures aussi élevées ? La réponse est non. Ces prochains jours, nous ne connaîtrons pas de canicule, ce terme doit répondre à plusieurs critères pour être employé et dans le cas présent, tous ne seront pas remplis. Sur sa durée, il faut au minimum 72 heures (3 jours et 3 nuits) durant lesquelles les températures se montrent anormalement élevées. De plus, les seuils de températures minimales (la nuit) et maximales (la journée) fixés par Météo-France et les autorités sanitaires doivent être atteints ou dépassés or, ce ne sera pas le cas dans la plupart des régions.

Ces seuils ont été fixés après la canicule d'août 2003 qui avait surpris par sa durée, son intensité et son étendue. Ils diffèrent selon les régions, en fonction du climat et de la concentration de population. Ainsi, on parlera de canicule à Brest dès lors que le mercure ne descendra pas en dessous de 18°C la nuit et avec au minimum 31°C la journée, pendant 72 heures. Ces seuils sont fixés à 21/31°C à Paris, 20/34°C à Lyon comme à Nantes, 20/35°C à Biarritz et Montélimar, 21/36°C à Toulouse ou encore 23/35°C à Toulon et Perpignan.

À l'inverse, aucun seuil ne doit être atteint ou dépassé lors d'un pic ou d'une vague de chaleur, d'où des définitions moins précises pour ces termes. On parlera généralement d'un pic de chaleur lorsque les températures sont situées au moins 3 à 5°C pendant un ou deux jours consécutifs et dans une ou plusieurs régions. Pour employer le terme de vague de chaleur, il faudra que cet épisode avec un mercure plus élevé que la normale se poursuive pendant au moins 3 jours consécutifs et qu'il soit également plus étendu géographiquement. C'est donc bel et bien une vague de chaleur qui nous concerne cette semaine.

Des pointes à 35-37°C entre mercredi et vendredi

Dès ce mardi, les premiers 30°C seront atteints dans la moitié nord, comme à Paris, Le Mans ou Dijon tandis que les 32 ou 33°C se multiplieront au sud, de Bordeaux à Valence et de Toulouse à Marseille. Selon les régions, le pic d'intensité de cette vague de chaleur sera atteint mercredi, jeudi ou vendredi. Dans le sud-ouest et près de l'océan, ce sera dès mercredi, avant l'arrivée des orages le lendemain. Le mercure atteindra alors localement 36 à 37°C dans les Landes, 35 à Bordeaux et Toulouse et 33°C à Nantes. La nuit suivante s'annonce également très douce avec des valeurs s'abaissant difficilement en dessous des 20°C dans de nombreuses régions.

Jeudi, les valeurs les plus élevées sont attendues entre le bassin parisien, les régions centrales et le Midi toulousain avec des pointes à 35 voire localement 36°C. À l'inverse, les valeurs auront perdu entre 8 et 12°C en 24h sur le littoral atlantique. La nuit de jeudi à vendredi s'annonce quant à elle tropicale avec rarement moins de 25°C dans les grandes agglomérations telles que Rouen, Paris ou Lyon. Les plus fortes chaleurs se décaleront ensuite, durant la journée de vendredi, vers le flanc est du pays avec de 30 à 35°C attendus alors que l'atmosphère deviendra plus respirable ailleurs, grâce aux orages.

Le risque orageux se généralisera ce week-end avec un mercure plus proche des normales, sauf dans l'est où il continuera à faire chaud mais de manière plus modérée.