Lentilles, pois chiche, seitan, tofu… Par quoi remplacer la viande sans perdre les protéines ?

Pour cette année 2026 vous avez décidé de réduire votre consommation de viande pour des raisons de santé ou environnementale, mais vous ne savez pas par quoi la remplacer ? Nos conseils ici !

Longtemps, la viande a été perçue comme la source incontournable de protéines. Pourtant, de nombreux aliments végétaux couvrent largement les besoins, sans les impacts sanitaires et environnementaux de la viande. Une transition alimentaire est donc possible, sans carence ni frustration.

Sur le plan environnemental, l’élevage est responsable d’environ 14 à 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Produire un kilo de bœuf émet plus de 10 fois plus de CO₂ qu’un kilo de légumineuses.

La viande consomme aussi énormément de ressources : jusqu’à 15 000 litres d’eau pour un kilo de bœuf, contre environ 4 000 litres pour un kilo de légumineuses. Réduire sa consommation a donc un effet direct sur la pression exercée sur les sols et l’eau. Ajoutons à cela, que pour nourrir le bétail, il faut aussi cultiver énormément de graines et autres alimentation animale…

Côté santé, remplacer une partie de la viande par des protéines végétales est associé à une baisse du cholestérol, du risque cardiovasculaire et de certains cancers. Les fibres, absentes de la viande, favorisent aussi la satiété et la digestion.

Les besoins quotidiens en protéines sont d’environ 0,8 g par kilo de poids corporel pour un adulte. Une personne de 60 kg a donc besoin d’environ 48 g de protéines par jour, un objectif atteignable avec des repas végétariens. Mais pour cela, il faut qu'il soit bien construit et équilibré (tout comme un repas avec de la viande ou du poisson par ailleurs).

Les lentilles apportent environ 9 g de protéines pour 100 g cuites, ainsi que du fer et des fibres. En Inde, elles sont consommées quotidiennement sous forme dedal, un plat simple, nourrissant et peu coûteux, transmis de génération en génération. Les pois chiches, avec 8 à 9 g de protéines pour 100 g cuits, sont aussi riches en magnésium et en vitamines B.

Dans de nombreux pays méditerranéens, ils ont longtemps remplacé la viande lors des périodes de disette, sans provoquer de carences. Le tofu, issu du soja, contient environ 12 g de protéines pour 100 g. Contrairement aux idées reçues, il est peu transformé : du lait de soja coagulé, puis pressé. En Asie, il est consommé depuis plus de 2 000 ans, preuve de sa valeur nutritionnelle.

Le seitan, fabriqué à partir de gluten de blé, est le plus riche : 20 à 25 g de protéines pour 100 g. Utilisé depuis le Moyen Âge par des moines bouddhistes, il est apprécié pour sa texture proche de la viande et sa capacité à absorber les sauces.

Associer légumineuses et céréales (riz + lentilles, pois chiches + semoule) permet d’obtenir tous les acides aminés essentiels, équivalents à ceux de la viande. Cette complémentarité est à la base de nombreuses cuisines traditionnelles.

Des recettes simples permettent d’intégrer ces aliments au quotidien. En hiver, lentilles mijotées aux carottes et thym. Au printemps : salade de pois chiches, radis et herbes fraîches. En été : tofu grillé, tomates, citron et huile d’olive. En automne : seitan sauté aux champignons et sauce soja, servi avec du riz complet. Ces plats rapides coûtent souvent moins cher qu’un repas carné et se conservent bien, ce qui facilite l’organisation des repas.

Changer ses habitudes ne signifie pas renoncer au plaisir. De nombreux chefs utilisent aujourd’hui ces protéines végétales pour créer des plats gourmands, preuve que manger moins de viande n’est pas une privation, mais une diversification.

Remplacer la viande, même partiellement, permet donc de préserver sa santé, réduire son empreinte carbone et soutenir une agriculture plus durable. Car il n'est pas nécessaire de devenir végétarien. Passer d'un repas carné par jour à un tous les 2 jours est déjà une progression (pour votre santé et pour la planète). Un choix individuel, aux effets collectifs bien réels.