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Températures : une vague de froid est-elle possible en automne ?

Alors que les premières gelées blanches ont été observées ce matin, peut-on rencontrer des températures négatives en plaine à cette période de l’année ? Plus globalement, une vague de froid est-elle possible en automne ? Éléments de réponse dans cet article.

Du brouillard, du froid voire des gelées blanches, l'automne démarre fort cette année !
Du brouillard, du froid voire des gelées blanches, l'automne démarre fort cette année !

Certains d’entre vous se sont peut-être fait surprendre en ouvrant la porte ce matin pour partir travailler avec des températures parfois inférieures à 5°C. Les premiers frimas de l’automne sont donc pile au rendez-vous cette année, favorisés par une nuit dégagée. À partir d’aujourd’hui, ces nuits vont justement devenir plus longues que les journées avec en moyenne 3 à 4 minutes de lumière perdues quotidiennement, laissant ainsi plus de temps aux températures pour baisser. En cours de journée, elles parviennent néanmoins à remonter, notamment lorsque le soleil est bien présent - comme c’est le cas cette semaine - mais cette fraîcheur matinale peut-elle finir par se transformer en vague de froid ?

Par le passé, des vagues de froid dès novembre…

Et si cette question est posée, c’est aussi parce que dans le passé, un froid précoce a pu s’inviter en automne. Toutefois, le risque de vague de froid reste nul en septembre même si à la fin du mois, des journées sans dégel peuvent être observées en montagne, dès 1500 m d'altitude. Même chose pour le mois d’octobre et là encore, une période de grand froid ne peut pas véritablement s’installer, notre climat étant "trop" océanique en comparaison avec des pays européens plus septentrionaux. Les périodes avec de fortes gelées en plaine et parfois sans dégel en cours de journée peuvent véritablement se manifester à partir du mois de novembre, surtout en deuxième quinzaine. En 1980, l’hiver s’est même invité dès les premiers jours du mois ! C’est même une vague de froid très précoce qui s’installe dès le 2 novembre avec des gelées quasi-généralisées.

Le 4 novembre 1980, la température descend à -8°C à Nevers et le gel persiste tout au long de la journée dans le nord et l’est du pays. Dans le même temps, des flocons font leur apparition à Carcassonne où il s’agit de l’une des chutes de neige les plus précoces jamais observées. Les jours suivants, la neige gagne quasiment toutes les régions avec 40 cm mesurés à Millau, 26 cm à Vichy, 15 cm à Nantes (un record pour la saison), 10 cm à Tours, 4 cm à Rennes… Mais aussi à Paris, Brest, Montpellier et Perpignan où l’on mesure entre 10 et 20 cm. En cours de journée, les températures demeurent négatives jusque sur les îles vendéennes ! Une telle situation aujourd’hui semble improbable dans le contexte de réchauffement climatique que l’on connaît et avec des saisons chaudes qui se prolongent de plus en plus…

Si une vague de froid au sens propre ne peut donc pas se produire à cette période de l'année, il y a eu parfois des coups de fraîcheur marquée dès le mois d’octobre. Ce fut notamment le cas en 1974 avec des valeurs dignes d'une fin novembre. Des gelées précoces sont observées alors que des records de froid sont établis dans le centre-est. Le mercure s'abaisse jusqu'à 0°C à Lyon et Agen, -1°C à Bordeaux ou encore -2°C à Mont-de-Marsan. Forcément, la neige tombe en abondance sur tous les massifs, des flocons qui s'invitent même jusqu'en plaine les derniers jours du mois entre la Bourgogne et la région Rhône-Alpes avec 5 cm à Château-Chinon et 8 cm relevés à Roanne.

Quel risque pour cette année ?

Dans la plupart des cas, les vagues de froid sont dues à l’arrivée de masses d’air froid d’origine polaire, soit depuis la Russie (avec le fameux Moscou-Paris), soit depuis la Scandinavie. Et actuellement dans ces régions du globe, les réserves d’air froid ne sont pas encore constituées avec quelque 4°C relevés ce mercredi matin à Helsinki (Finlande), 5°C à Moscou ou encore 6°C à Stockholm (Suède). Ainsi, à moyen ou long terme, la probabilité de connaître une période de temps durablement froid pour la saison est quasi-nulle. Les tendances à 4 semaines n’envisagent pas d’ailleurs des températures inférieures aux normales de saison, sauf peut-être pour les derniers jours de septembre.

Après la fraîcheur matinale de cette semaine, un redoux assez net est attendu ce week-end (températures prévue samedi matin).
Après la fraîcheur matinale de cette semaine, un redoux assez net est attendu ce week-end (températures prévue samedi matin).

Plus loin de nous, avec des températures proches des normales de saison, les modèles saisonniers ne prévoient pas, pour l’instant en tous cas, un mois de novembre froid ou hivernal. C’est aussi cette tendance qui semble se dessiner pour le début de l’hiver… Il faudra donc peut-être patienter jusqu’à l’année prochaine pour connaître un froid vif jusqu’en plaine mais attention, rien n’est moins sûr avec les tendances saisonnières, l’été que nous venons de vivre en est un parfait exemple…