Malgré les dernières pluies, la sécheresse persiste

Après une fin septembre marquée par le retour des pluies dans la plupart des régions, la sécheresse continue malgré tout de faire parler d'elle à un niveau parfois record.

Guillaume Woznica Guillaume Woznica 06 Oct 2019 - 02:00 UTC
Le Doubs, comme de nombreuses rivières en France, est à un niveau extrêmement bas en ce début octobre.
Le Doubs, comme de nombreuses rivières en France, est à un niveau extrêmement bas en ce début octobre.

86, c'est le nombre de départements concernés par des restrictions d'eau à la date du 6 octobre. Il résume à lui seul l'ampleur de la sécheresse qui persiste en dépit des pluies qui se sont manifestées ces deux dernières semaines. Les régions centrales, le nord-est mais aussi le Midi méditerranéen demeurent les zones les plus touchées par le manque d'eau criant depuis la fin du printemps et qui s'est très nettement accentué au cours de l'été. Si ces derniers mois ont été marqués par l'omniprésence des hautes pressions sur l'Europe de l'ouest faisant ainsi barrage aux perturbations atlantiques, la situation a évolué lors de la dernière décade de septembre avec le retour d'un flux d'ouest à sud-ouest, synonyme du retour des pluies en provenance de l'Atlantique.

Des records de faible pluviométrie battus

Ces précipitations qui ont retrouvé le chemin de la France lors des 1ers jours de l'automne calendaire ont mis fin à des records de faibles pluies sur la période allant du 21 juin au 21 septembre, correspondant à la saison estivale. Ce fut particulièrement le cas entre l'ouest du Massif central, le val de Loire et les frontières de l'est. Avec seulement 33 et 35 mm de pluie, jamais l'été n'avait été aussi sec à Tours et à Romorantin. Même constat à Nevers et Metz, mais aussi à Strasbourg avec un cumul atteignant 105,7 mm en 3 mois, soit au niveau du précédent record datant de 1949 !

Concernant le mois de septembre dans son ensemble, les chiffres sont également alarmants avec un manque d'eau quasi-généralisé. Seule la Bretagne a enregistré un cumul de pluie proche de la normale. En revanche, le déficit a été très marqué en Auvergne-Rhône-Alpes (environ -65%) mais aussi en Île-de-France et en Bourgogne-Franche-Comté (autour de -50%) et ce, malgré les précipitations des derniers jours du mois. Conséquence de la persistance de la sécheresse dite météorologique - liée au manque de pluie -, les niveaux des nappes phréatiques restent « bas » ou « modérément bas » du sud-ouest au nord du pays et sur tout le flanc est.

Une 2ème partie d'automne de nouveau très sèche ?

Au cours des 10 prochains jours, si quelques faibles perturbations pluvieuses pourront traverser le pays d'ouest en est, elles épargneront néanmoins le quart sud-est qui ne devrait pas voir tomber une seule goutte de pluie d'ici la mi-octobre au minimum. Dans ces régions, plusieurs villes n'avaient pas connu des cumuls de pluies aussi faibles entre le 1er janvier et le 30 septembre. C'est le cas à Montpellier (174 mm), Nîmes (200 mm), Avignon (221 mm) ou encore Béziers (126 mm) avec des déficits de l'ordre de 50 à 70% depuis le début de l'année.

Et cette situation pourrait bien s'aggraver encore un peu plus au cours des prochains mois. En effet, selon les dernières tendances saisonnières, si les précipitations seront proches des normales en octobre, un temps nettement plus sec que la normale pourrait ensuite dominer au cours des mois de novembre et de décembre. Les conséquences du manque d'eau à venir seront toutefois moins fortes qu'en été en raison d'une évapotranspiration (quantité d'eau qui s'évapore par le sol et la transpiration des végétaux) plus limitée à cette période de l'année. Les températures moins élevées qu'en été et une végétation ayant moins besoin d'eau laisseront ainsi ces rares pluies pénétrer plus facilement les sols, permettant aux nappes de se recharger un minimum.

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