Pourquoi et comment les épisodes méditerranéens se forment-ils ?

Les inondations se succèdent depuis le mois d'octobre sur le sud de la France. Ces épisodes "méditerranéens" ou "cévenols" font partie intégrante du climat local. Mais pourquoi et comment se forment-ils ? Quelques éléments de réponse.

Clément Meirone Clément Meirone 01 Nov 2018 - 00:46 UTC
pluie
Les épisodes méditerranéens peuvent apporter des quantités de pluie diluviennes, entraînant de graves inondations.

Les épisodes pluvio-orageux de forte intensité se succèdent cet automne sur le sud de la France. On se souvient des inondations catastrophiques qui ont fait 15 morts dans l'Aude, les 14 et 15 octobre derniers. Une partie du Var a également été régulièrement sujette à de fortes crues ces derniers jours.

Alors comment expliquer ces épisodes pluvieux et orageux à répétition dans les régions méditerranéennes ? Pourquoi et comment se forment-ils ? Nous allons tenter de répondre à ces questions en nous intéressant aux processus et aux causes de ces phénomènes.

Les épisodes pluvio-orageux, élément caractéristique du climat méditerranéen

On les qualifie de "méditerranéens" ou de "cévenols" selon que le secteur concerné. Ces épisodes sont avant tout porteurs de fortes précipitations orageuses, durant un laps de temps relativement court. Ils peuvent concerner de vastes étendues, mais également de plus petites, comme cela avait été le cas lors des inondations dans l'Aude.

Ces épisodes méditerranéens ont toujours existé et ne sont pas une conséquence directe du réchauffement climatique. Pour preuve, on retrouve certaines traces de ces épisodes dès la fin du Moyen-Âge au sein de plusieurs archives départementales.

En revanche, l'impact de l'homme à travers l'urbanisation croissante est incontestable, et a provoqué une augmentation des conséquences liées aux crues. A ce titre, la catastrophe de Vaison-la-Romaine en 1992, qui avait fait 49 morts, a fait office d'électrochoc au sein de la société.

Comment et pourquoi se forment-ils ?

Les épisodes méditerranéens se forment entre la fin de l'été et le début de l'hiver, au moment où la température de la mer Méditerranée est la plus élevée. L'air chaud et humide en provenance de la mer est apporté par des vents du sud vers le continent, où il se confronte alors à l'air froid présent en altitude. Cette situation aboutit à la formation d'orages et de pluies intenses.

Ensuite, deux cas de figure sont possibles :

  • La première possibilité est un blocage lié au relief. Le système orageux, poussé par des vents de sud, vient heurter les montagnes. Ces montagnes sont la plupart du temps les Cévennes, mais d'autres massifs plus petits peuvent bloquer la progression des orages. Cette situation se produit également sur le relief Corse. Les pluies se déversent alors en forte quantité, et génèrent des crues rapides sur les petits torrents de montagnes. Ces derniers alimentent ensuite de plus grandes rivières, à leur tour en crue.
  • Le deuxième cas de figure est lié à des orages appelés "stationnaires". Il s'agit d'orages qui se forment sur une zone, et stationnent durant des heures. L'humidité accumulée au sol permet à l'orage de se régénérer sans cesse. Les sols n'ont alors pas eu le temps d'absorber toute l'eau, qui finit par inonder les villes et les villages aux alentours. C'est ce cas de figure qui s'est produit dans l'Aude les 14 et 15 octobre derniers.

Enfin, le positionnement des centres d'actions et la topographie de la région expliquent que seul le pourtour de la Méditerranée soit concerné par de tels épisodes.

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