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Menacé d'extinction, le lynx fait son grand retour en France !

C'est une relative bonne nouvelle pour la biodiversité, rapportée par le WWF : le lynx boréal, quasiment disparu en France depuis les années 1970, fait progressivement son retour dans le Nord et dans l'Est du pays. 150 à 200 individus ont été recensés. Une victoire pourtant encore incomplète...

Lynx boréal France
Le lynx boréal est revenu dans les forêts françaises par lui-même, sans réintroduction ou presque. On le trouve essentiellement dans le Jura, mais quelques individus ont été repérés dans les Alpes.

Seul et unique grand félin en France, le lynx est de retour ! Cette bonne nouvelle pour la biodiversité a été partagée dans le rapport Planète Vivante 2022 du WWF, alors qu'a débuté hier la COP15 à Montréal. Un retour progressif du lynx boréal, que l'on pensait quasiment éteint, notamment dans le Nord et dans l'Est du pays.

A la fin des années 1970, plus aucun lynx n'était recensé sur le territoire. Aujourd'hui, on compterait 150 à 200 individus environ, principalement dans le Jura, même si quelques lynx auraient aussi été repérés dans les Alpes. Toutefois, un retour stable et pérenne de l'animal dans nos forêts n'est pas encore assuré : il ne faut pas crier victoire trop vite...

Pourquoi ce retour ?

Le lynx boréal est l'un des prédateurs les plus efficaces du monde animal, mais aussi l'un des plus difficiles à observer. S'apparentant physiquement à un très gros chat, il est discret, ne rugit pas, mais miaule, ronronne et est totalement inoffensif pour l'Homme. Le lynx est revenu dans les forêts françaises de son propre chef, si l'on excepte la réintroduction de 17 individus relâchés dans les Vosges en 1983. La plupart des spécimens sont arrivés par eux-mêmes d'Allemagne ou de Suisse.

Les raisons de la disparition du lynx sont multiples. L'animal a été victime du rétrécissement de son habitat : les zones forestières peu fréquentées où vit le gibier se sont rétrécies au fil des années. Deuxième raison : les lynx ont souvent été victimes d'accidents sur la route, comme le sont parfois les chats domestiques en ville. Enfin, ils ont parfois été abattus par des chasseurs, les voyant comme des dangers ou des concurrents pour la quête du gibier...

Le retour du lynx en France a été possible grâce aux mesures de protection de l'espèce mises en place. La convention de Berne (1979) avait été la première à demander une protection du lynx par la loi. Par la suite, d'autres réglementations françaises et internationales ont progressivement réduit le nombre de lynx abattus. La meilleure gestion des espaces naturels a également joué un grand rôle : certaines forêts profondes ont été préservées, des parcs régionaux et nationaux créés. Le tout a créé de nouveaux espaces favorables au développement des populations, selon le WWF.

Une victoire incomplète...

Toutefois, pas de miracle : la prudence s'impose. Le WWF explique que la population de lynx en France stagne déjà depuis plusieurs années. Le problème reste le même : les naissances progressent en même temps que le nombre de lynx tués par accidents de la route ou abattages illégaux. Il est par ailleurs très compliqué de surveiller la population de lynx, le seuil moyen de le faire étant d'analyser leurs poils, leurs déjections, voire d'utiliser des déclencheurs photographiques. Le tout reste trop approximatif.

L'autre risque qui pèse sur les lynx est aussi celui de la consanguinité, comme pour toute population animale limitée et instable. Les lynx ne sont pas assez connectés entre eux, séparés par des routes, des chemins de fer, ce qui rend leur population génétiquement fragile. Une solution serait de pratiquer la réintroduction de plusieurs individus, en faisant des renforcements : il s'agit de mélanger les groupes, pour mélanger les gênes. Cette méthode a déjà été un succès pour le lynx ibérique, porté disparu en Andalousie au début des années 2000, qui effectue ces dernières années un retour en force.

Quoiqu'il arrive, le retour du lynx boréal dans les forêts françaises est une bonne nouvelle pour l'ensemble de l'écosystème. Le WWF va désormais, pendant 5 ans, étudier le sujet pour établir des mesures à prendre afin de préserver définitivement l'espèce. Conserver la forêt profonde sera à coup sûr l'enjeu des prochaines années...