L'OMM prévoit des températures record dans les 5 prochaines années

De nouvelles données climatiques concluent à des prévisions alarmantes. Nous nous approchons de l'objectif moins ambitieux de l'Accord de Paris plus rapidement que prévu.

La hausse des températures signifie plus de dégel, un niveau de la mer plus élevé et plus de vagues de chaleur et d'événements météorologiques extrêmes de toutes sortes.
La hausse des températures signifie plus de dégel, un niveau de la mer plus élevé et plus de vagues de chaleur et d'événements météorologiques extrêmes de toutes sortes.

Comme l’a rapporté jeudi dernier l'Organisation météorologique mondiale (OMM), nous nous dirigeons vers une période de températures très élevées sur la planète dans les cinq prochaines années, avec une forte probabilité d'enregistrer de nouveaux records.

De nombreuses conclusions ont été tirées par l'OMM sur la base de nouvelles données climatiques, qui font partie de la publication "Global Annual to Decadal Climate Update", produite par le Met Office britannique, le centre de référence pour de telles prévisions.

Parmi elles, on retiendra les 90 % de probabilités pour qu'au moins une année de la période entre 2021 et 2025 devienne la plus chaude jamais enregistrée, détrônant ainsi 2016 de la première place.

Il y a aussi environ 40 % de probabilité que, dans au moins une des cinq prochaines années, la température annuelle moyenne de la planète dépasse le seuil critique de +1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Et, de plus, ces probabilités augmentent avec le temps.

Il convient également de noter que dans cette période de cinq ans, les régions de haute latitude et le Sahel sont susceptibles de recevoir plus de précipitations et le nombre de cyclones tropicaux dans l'Atlantique est susceptible d'augmenter par rapport au passé récent (valeur définie comme la moyenne de la période 1981-2010).

Nous approchons rapidement de l'objectif moins ambitieux de l'Accord de Paris

Le Secrétaire général de l'OMM, le professeur Petteri Taalas, a assuré que "la hausse des températures signifie plus de dégel, une augmentation du niveau de la mer et plus de vagues de chaleur et d'événements météorologiques extrêmes de toutes sortes, ainsi que de plus grandes répercussions sur la sécurité alimentaire, la santé, l'environnement et le développement durable".

Il a ajouté que "cette étude scientifique de haut niveau montre que nous nous rapprochons de manière inexorable de l'objectif moins ambitieux de l'Accord de Paris sur le changement climatique. C'est un nouveau signal d'alarme sur la nécessité d'accélérer l'adoption d'engagements mondiaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et atteindre la neutralité carbone", a expliqué le professeur Taalas. Aujourd'hui, les avancées technologiques permettent de remonter à la source des émissions de gaz à effet de serre afin de cibler précisément les mesures de réduction.

L'objectif reconnu de l'Accord de Paris est de maintenir la hausse de la température mondiale au cours de ce siècle bien en deçà de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre les efforts pour limiter cette hausse à 1,5°C. Cependant, les engagements nationaux de réduction des émissions sont actuellement bien en deçà de ce qui est nécessaire pour atteindre cet objectif.