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Pollution : les plus riches responsables du changement climatique

Une étude de l'ONG Oxfam affirme que les inégalités sociales extrêmes ont un fort impact sur le changement climatique. Les 1% d'habitant faisant partis des plus riches au monde polluent 2 fois plus que la moitié pauvre de la population mondiale.

Pollution
Entre 1990 et 2015, les 1% des plus riches du monde ont épuisé 15% du budget carbone mondial.

À l'occasion des travaux de l'Assemblée Générale des Nations Unies pour le climat à New-York, l'ONG Oxfam a publié un rapport sur les émissions liées à la consommation, en comptabilisant les émissions de CO2 de 117 pays ainsi que les importations de 1990 à 2015. Et l'étude révèle que les riches polluent bien plus que les pauvres. Ces derniers sont pourtant les premiers à subir directement les conséquences du dérèglement climatique. Les inégalités climatiques sont étroitement liées aux inégalités sociales, de quoi mettre fin aux idées sur la surpopulation de certains pays estimés comme étant des gros pollueurs.

Un tiers du budget carbone épuisé par les 10% des plus riches :

Le budget carbone mondial, c'est la quantité maximale de dioxyde de carbone pouvant être émise. Les 10% des plus riches ont consommé 31% du budget carbone mondial en 25 ans. Ils auraient émis 52% des émissions de CO2 cumulées entre 1990 et 2015. À cette même période, les émissions annuelles de CO2 avaient bondi de 60%. Le monde avait émis autant de CO2 que les 40 années précédentes, entre 1850 et 1989. Conséquence : le réchauffement de la Terre de +1°C depuis l'ère pré-industrielle. Le 1% des plus riches au monde représente environ 63 millions de personne et gagne plus de 8 000 euros par mois. Ils coûtent à la planète 50,7 tonnes de CO2 par an, soit 15% du budget carbone mondial sur ces 25 années étudiées.

L'empreinte carbone d'une personne faisant partie des 1% les plus riches au monde est 100 fois plus élevée que celle des 50% de la population la plus pauvre ! En cause ? Le mode de vie. Plus on est riche et plus on consomme. Les riches ont des activités très polluantes et émettent beaucoup de CO2 en voyageant en avion par exemple. Cette étude met fin aux idées reçues sur les classes moyennes des pays émergents, qui sortis de la pauvreté entre 1990 et 2000, comme la Chine ou l'Inde et qui étaient accusés à tort d'être de "gros pollueurs". Au contraire, le rapport prouve que ce n'est pas la surpopulation des pays pauvres qui pollue mais plutôt les personnes très riches qui émettent beaucoup plus de CO2 que la moyenne.

La population pauvre, première victime du changement climatique :

C'est ce que dénonce le rapport de l'ONG en soulignant les inégalités extrêmes entre les riches et les pauvres sur une économie basée sur "l'intensification de la consommation d'une population nantie, et non pour sortir des personnes de la pauvreté". La moitié de la population la plus pauvre est responsable de seulement 7% des émissions du budget carbone mondial. Le revenu moyen à l'échelle mondiale est de 150 euros par mois, la moitié des personnes gagnant ce salaire n'émettent que 3,9 tonnes de CO2 par an. Les populations pauvres, pourtant moins responsables de la crise climatique, sont les premières victimes du dérèglement climatique avec les inondations, la sécheresse et les cyclones.

Alors, comment lutter contre ces inégalités climatiques ? Même si le rapport se veut pessimiste, les auteurs proposent plusieurs solutions en mettant en avant que l'on ne peut pas, ou plus, choisir entre la croissance économique et le climat. Il faut, évidemment, lutter contre les émissions de CO2 et notamment celles des populations les plus riches car ils polluent de manière disproportionnée. Pour inverser ces inégalités, Oxfam préconise une taxe carbone dédiée aux produits et services de luxe (achat de jet privé ou sur les vols fréquents en classe affaire) et d'investir dans les transports qui émettent moins de CO2. Des solutions, certes extrêmes, mais qui permettraient de prendre une direction à l'échelle mondiale plus juste et plus durable pour la planète.