En France, les oiseaux se font de plus en plus rares autour des terres agricoles, selon une étude scientifique
Pesticides et populations d'oiseaux ne font pas bon ménage, et une nouvelle étude, cette fois publiée par des chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle, vient à nouveau le confirmer. Là o�� les substances actives sont le plus utilisées, le nombre d'oiseaux chute.

L'impact des pesticides sur les oiseaux, et le reste du vivant, ne fait plus de doutes. Des chercheurs du Muséum national d'Histoire Naturelle ont publié une nouvelle étude qui démontre les effets inquiétants des substances actives sur la biodiversité, tout en notant la difficulté de bien comprendre l'étendue de cet impact face au manque de données de terrain.
La France, un terrain d'étude unique
Les études de terrain et les données détaillées restent limitées. On en sait notamment peu sur l’utilisation des pesticides, et bien des études ne portent que sur un nombre restreint d’espèces ou ne se focalisent que sur une poignée de molécules connues, alors que de multiples substances contaminent l’environnement.
Les résultats des enquêtes peuvent donc être incomplets voire biaisés, mais comme le précise l'étude, depuis la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006, « la déclaration obligatoire des ventes de pesticides offre un jeu de données inédit pour relier pratiques agricoles et biodiversité. »
En France, il y a moins doiseaux dans les régions où les pesticides sont le plus achetés, révèle une étude
— Le Parisien (@le_Parisien) January 14, 2026
Sur 64 espèces doiseaux communs étudiées, «il y a 84,4% des espèces pour lesquelles il y a des corrélations négatives»
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Lors de cette étude, les chercheurs ont donc fait face à un triple défis : l’accès à des données fiables, distinguer l'effet propre des pesticides par rapport aux autres facteurs liés à l’intensification agricole, et obtenir des données sur un maximum d'espèces et de paysages.
Plus de pesticides achetés, moins d'oiseaux
L’équipe de scientifiques a pu « croiser les achats locaux de 242 substances actives avec l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs présentes dans les terres agricoles cultivées », grâce à la mise a disposition récente de données par l'ANSES.
« Les résultats montrent que les achats de plus grandes quantités de pesticides étaient liés pour 84,4 % des espèces d’oiseaux étudiées à des plus faibles effectifs de celles-ci, même après prise en compte d’autres composantes de l’intensification agricole », conclue l'étude.
L'impact négatif des pesticides semble se généraliser aux espèces communes qui vivent et se nourrissent dans les terres cultivées, et ne pas se limiter aux espèces dites "spécialistes", c'est-à-dire qui dépendent d'un seul type de ressources ou d’habitat, ce qui les rend très dépendantes de ce dernier.
Les chercheurs demandent donc « une réduction de l'utilisation des pesticides pour atténuer les pertes actuelles de biodiversité agricole », en rappelant que les effets ne s'arrêtent pas aux oiseaux, mais agissent en cascade au sein et au-delà des paysages agricoles.
Références de l'article :
Muséum national d'histoire naturelle, Moins de pesticides, plus d’oiseaux