Est-il encore possible de s'habiller de façon écoresponsable ?
La mode fait aujourd’hui partie des industries les plus critiquées pour son impact sur l’environnement…

On ne parle même plus de "fast-fashion" mais "d'ultra fast-fashion" ! Des enseignes de mode qui sortent plusieurs collections de vêtements par an. Avant les années 90, les collections se renouvelaient entre 2 à 4 fois par an. Maintenant, les marques telles que Zara ou H&M proposent des nouveautés chaque semaine pour pousser les consommateurs à revenir régulièrement.
La fast-fashion représente environ 100 nouveaux modèles par jour, tandis que l'ultra fast fashion, c'est 10 000 nouveautés fabriquées hors de tout cadre réglementaire, avec de potentiels risques pour la santé comme SheIn ou Wish. L'industrie du textile classique est déjà l'une des plus polluante du monde, mais avec les concepts de fast-fashion et d'ultra fast-fashion, c'est de pire en pire.
20 avions remplis de vêtements sillonnent le ciel européen chaque jour !
— Vakita (@vakitamedia) November 28, 2023
En 2022, plus de 700 000 tonnes de vêtements ont été transportées par avion, selon lONG Public Eye.
Ce mode de transport ultra-polluant est privilégié par les géants de la fast fashion afin de réduire pic.twitter.com/TsdNbkhOiE
Entre la production de matières premières, la fabrication des vêtements et leur transport, la filière génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre et consomme de grandes quantités d’eau. Pourtant, plusieurs alternatives existent pour réduire l’empreinte environnementale de sa garde-robe.
La production de vêtements a fortement augmenté ces dernières décennies, portée par la baisse des prix et le renouvellement rapide des collections. Selon les estimations de l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’industrie textile représente environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
En France, la consommation de vêtements reste élevée : selon l’ADEME, près de 700 000 tonnes de textiles, linge de maison et chaussures sont mises sur le marché chaque année. Une partie importante finit encore dans les déchets ménagers. La première démarche consiste à réduire la quantité de vêtements achetés.
La mode écoresponsable repose souvent sur l’idée d’une garde-robe plus durable, composée de pièces de meilleure qualité et conçues pour être portées longtemps. Le marketing cherche à vous faire acheter, dépenser comme s'il était vraiment nécessaire d'avoir cette écharpe rose bonbon cette année ! En réalité, nous portons quasiment toujours les mêmes vêtements. Donc inutile de posséder un camion rempli de textile.
️ Peu chère et durable, la seconde main, vrai bouclier anti-Shein ️ https://t.co/HgdHG4BlIB
— Les Echos (@LesEchos) November 13, 2025
La seconde main ne cesse de gagner du terrain. Avec un prix moyen de 14 euros, Vinted rivalise avec le chinois (9 euros) en termes de prix. pic.twitter.com/0wlNKBqf4c
Privilégier des vêtements solides, réparables et intemporels permet en effet de limiter le renouvellement fréquent des vêtements. Certains consommateurs se tournent également vers des marques mettant en avant la traçabilité des matières premières, la transparence sur la production et des conditions de fabrication plus responsables.
Plusieurs labels existent pour orienter les choix, comme GOTS (Global Organic Textile Standard) pour les textiles biologiques ou OEKO-TEX, qui certifie l’absence de certaines substances nocives dans les produits textiles. Ça c'est pour les adeptes de vêtements neufs. Car le mieux reste encore : la seconde main !
Acheter des vêtements d’occasion permet de prolonger la durée de vie des produits et d’éviter la fabrication de nouveaux articles. En France, ce marché s’est fortement développé grâce aux friperies, aux plateformes de vente entre particuliers et aux associations de collecte de vêtements. Selon l’ADEME,réutiliser un vêtement plutôt que d’en produire un nouveau réduit significativement l’impact environnemental lié à sa fabrication.
La location de vêtements ou les échanges entre particuliers constituent également des alternatives, notamment pour des tenues peu portées comme les vêtements de cérémonie. Le choix des matières joue aussi un rôle dans l’impact environnemental d’un vêtement. Certaines fibres sont considérées comme plus durables lorsqu’elles sont produites dans de bonnes conditions.
C’est le cas du coton biologique, du lin ou du chanvre, qui peuvent nécessiter moins d’intrants chimiques que certaines cultures conventionnelles. Les matières synthétiques sont à proscrire : polyester, elastane, acrylique. Ce n'est autre que du plastique ! Ces fibres sont mauvaises pour la santé (car irritantes) et pour la planète.