Vortex polaire et froid historique aux États-Unis : la France peut-elle être touchée ?

Une grande partie du continent nord-américain est actuellement touchée par une vague de froid remarquable. Cette situation est directement liée à un éclatement du vortex polaire. Explications.

Alors que la France est actuellement touchée par un flux océanique perturbé, synonyme de pluies fréquentes et localement abondantes, la situation météorologique est totalement différente de l'autre côté de l'Atlantique. Depuis plusieurs jours sur le continent nord-américain, l'influence ne vient pas de l'océan mais directement du pôle. Le pays subit ainsi une importante vague de froid, probablement la plus intense et la plus étendue depuis 45 ans.

Dans de nombreux États, les températures ont plongé largement sous le 0°C tandis que les abondantes chutes de neige et les pluies verglaçantes ont fortement perturbé l'activité économique (annulation de vols, coupures d'électricité, écoles et administrations fermées...). Cette situation est directement liée au vortex polaire, ce qui explique notamment l'intensité de cette vague de froid.

Des températures jusqu'à 20°C en dessous des normes

Le vortex polaire est une dépression, c'est-à-dire une zone de basses pressions engendrée par le manque d’ensoleillement plus marqué près des pôles. L’air froid y est ainsi plus dense avec des vents qui soufflent d’ouest en est. Élément important, on distingue deux vortex polaires : le vortex polaire troposphérique situé autour de 6000 à 8000 mètres d’altitude aux pôles et qui est permanent. Il y a également le vortex polaire stratosphérique, au dessus de 10 km d’altitude, qui n’existe qu’en hiver et qui surmonte donc le vortex polaire troposphérique.

Aux Etats-Unis, les températures sont situées jusqu'à 20°C en dessous des normales de saison.
Aux Etats-Unis, les températures sont situées jusqu'à 20°C en dessous des normales de saison.

Lorsque l'on parle du vortex polaire en hiver ou lors de grandes vagues de froid, on fait référence au vortex polaire saisonnier de la stratosphère. La température près du pôle s'abaisse généralement jusqu'à -80°C au cours du mois de janvier, période la plus froide de l'année. Lors de la saison hivernale, il n'est pas anormal que ce vortex polaire se déplace ou se divise en plusieurs morceaux qui peuvent alors migrer vers les latitudes plus basses. Lorsque cela se produit, il entraîne avec lui son dôme d’air froid, ce qui peut engendrer des vagues de froid en Russie, en Europe mais aussi de l'autre côté de l'Atlantique.

C'est exactement ce qu'il se passe actuellement sur le continent nord-américain avec une masse d’air extrêmement froid qui s’étend depuis les Grandes Plaines jusqu’à l’est des États-Unis. Localement, les températures se sont abaissées jusqu'à 20°C en dessous des normales de saison. D'importantes chutes de neige se sont également produites ces derniers jours en raison de la présence de dépressions très dynamiques, accentuées par un fort vent, créant ainsi des conditions de blizzard.

Quelles conséquences pour l'Europe ?

Si cette situation se produit plus régulièrement aux États-Unis qu'en Europe, la France peut aussi être touchée par de telles conditions. C'est d'ailleurs ce qu'il s'était produit lors des hivers 1955-56, 1962-63, 1984-85 ou encore 1986-87, aboutissant à chaque fois sur d'importantes vagues de froid, intenses et durables.

Lundi prochain, les minimales seront parfois supérieures à 10°C au réveil.
Lundi prochain, les minimales seront parfois supérieures à 10°C au réveil.

La situation que l'on a connue entre Noël et le début du mois de janvier n'avait en revanche rien de similaire : il s'agissait d'une descente d'air froid tout à fait classique, moins durable et surtout moins marquée. Au regard des conditions actuelles aux États-Unis, une question se pose : ce froid peut-il nous concerner prochainement ? L'interrogation est légitime, les dépressions traversant souvent l'Atlantique.

Si ces dernières, qui apportent tant de neige sur le continent nord-américain, pourront poursuivre leur route en direction de l'Europe, elles ne généreront pas les mêmes conditions chez nous. En effet, avec un océan Atlantique affichant une température moyenne de 12°C, la masse d'air accompagnant ce mauvais temps se radoucira. Aucun risque de froid extrême en France pour ces prochaines semaines. Le flux perturbé et donc humide devrait ainsi se maintenir...