La moitié de la population mondiale confrontée à la chaleur extrême d'ici 2050 : quels pays seront les plus impactés ?
Sans surprise, les canicules et les records de chaleurs vont se multiplier avec le réchauffement climatique. Mais une étude vient de révéler un chiffre choc : 3,79 milliards de personnes seront soumises aux chaleurs extrêmes d'ici 2050 ! Dans quels pays ?

Si le monde continue sur la trajectoire actuelle de réchauffement, à savoir +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, les épisodes de chaleur extrême vont se multiplier, jusqu'à concerner près de la moitié de la population mondiale, selon une étude de l'université d'Oxford. Quels seront les pays les plus impactés ? Comment inverser la tendance ?
Des conséquences visibles dès 2030 ?
Au total, selon cette étude publiée dans la revue Nature Sustainability ce lundi 26 janvier, 3,79 milliards de personnes subiront des températures extrêmes si le réchauffement climatique atteint 2°C. Avec de "graves implications pour l'humanité" si nous continuons sur cette trajectoire, estiment les chercheurs.
A new University of Oxford study finds that almost half of the global population (3.79 billion) will be living with extreme heat by 2050 if the world reaches 2.0°C of global warming above pre-industrial levels. https://t.co/ol5z6vCHLP
— Monica Piccinini (@yourvoiz_org) January 27, 2026
Ce seuil des 2°C de réchauffement pourrait être atteint dès 2050 si nous ne progressons pas dans nos politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Mais les effets de ces chaleurs extrêmes plus fréquentes pourraient se faire sentir dès 1,5°C de réchauffement, d'après ces scientifiques, autrement dit dès l'année 2030.
Au total, la part de la population mondiale touchée par ces chaleurs extrêmes devrait passer de 23% en 2010 à 41% en 2050, passant de 1,54 milliard à 3,79 milliards de personnes concernées. Les conséquences seront particulièrement importantes pour certains pays d'Asie, notamment l'Inde, le Nigeria, l'Indonésie, le Bangladesh, le Pakistan et les Philippines.
La République centrafricaine, le Soudan du Sud, le Laos et le Brésil sont par ailleurs les pays connaissant actuellement les plus importantes augmentations de températures : ils seront donc également impactés. La hausse du nombre de jours de chaleur extrême entraînera par ailleurs une hausse "significative" de la consommation d'électricité pour alimenter les systèmes de climatisation.
Les pays froids pas épargnés ?
Pour inverser cette tendance aux jours de plus en plus chauds, la seule voie possible reste "un développement durable, respectant la neutralité carbone", selon Radhika Khosla, co-autrice de l'étude, qui s'est exprimée dans un communiqué de presse. "Nos conclusions devraient nous alerter", a-t-elle expliqué, comme une sorte de cri d'alarme.
@naturesustainab Global gridded dataset of heating and cooling degree days under climate change scenarioshttps://t.co/uUBXEMcr4k
— Richard S (@Richard01173388) January 27, 2026
L'étude est particulièrement inquiétante, car les pays actuellement les plus froids ne seront pas épargnés par ces chaleurs extrêmes plus fréquentes : l'Autriche, le Canada, le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande, la Norvège ou l'Irlande pourraient ainsi connaître deux fois voire trois fois plus de jours de chaleur par an d'ici 2050.
Mais contrairement aux pays d'Asie ou d'Amérique du Sud, ces pays du Nord possèdent des bâtiments et des infrastructures conçus principalement pour un climat froid : les maisons maximisent l'arrivée de la lumière solaire et minimisent la ventilation, et les transports publics ne possèdent pas de climatisation.
Ainsi, même une augmentation modeste de la température moyenne pourrait avoir dans ces pays "des effets disproportionnés" par rapport aux pays habitués à la chaleur, explique l'étude.
Références de l'article :
France Info. D'ici 2050, près de la moitié de la population mondiale sera confrontée à des jours de chaleur extrême.
J. Lizana et al., Nature Sustainability, 2026. Global gridded dataset of heating and cooling degree days under climate change scenarios.