Pourquoi certaines femmes arrivent-elles en tête de courses longues, devant les hommes ? Les scientifiques répondent

Sur le plan physique, les femmes et les hommes ne sont pas sur un pied d’égalité. Les hommes sont privilégiés. Mais alors, comment expliquer que certaines femmes réussissent à décrocher la première place d’ultramarathon, devant les participants masculins ?

Les femmes résistent mieux à la fatigue
Les femmes résistent mieux à la fatigue

Ultramarathon. Chaque année, ils sont des milliers de participants à s’élancer dans ces courses longue distance. Des amateurs aux plus confirmés, en passant par les adeptes d’une routine sportive, ils se lancent le défi de courir sur parfois plus de 100 km. Une distance importante, qui demande endurance et force musculaire. Guillaume Millet est chercheur à l’université de Saint-Etienne. Il s’est intéressé à ces courses et un point plus étonnant attire particulièrement son attention.

Les femmes présentent une masse grasse plus importante que celle des hommes

Durant ces courses, il arrive parfois qu’une femme franchisse la ligne d’arrivée en première position, avant tous les participants masculins. Une situation qui arrive assez de fois pour que le scientifique s’y penche, considérant que cela n’a rien d’anecdotique. Il affirme que rien que sur l’année 2019, cela s’est produit dans quatre courses : le Grand Trail Stevenson en France, la Spine Race en Angleterre, le Big’s Backyard Ultra aux États-Unis et le Nonstop Transcontinental Race across Europe en vélo.

Les femmes supportent mieux la fatigue physique que les hommes

Toutes ces courses ont été remportées par des femmes. Le point commun de ces défis : il ne s’agit que de courses au long cours. Et l’exploit se reproduit en 2006, lors de l’ultratrail du Mont-Blanc Courmayeur-Champex-Chamonix, gagné par une femme devant près de 1000 coureurs masculins. Un cas rare, mais pas isolé. Guillaume Millet et son équipe s’interrogent. « Il n’existe aucun sport où les femmes sont plus fortes physiquement. En moyenne, elles ont des résultats inférieurs aux hommes de 10 à 12 % », explique-t-il.

Le scientifique relativise le résultat. « Soyons clairs, la principale raison de ces victoires est sans doute le nombre réduit de participants. Il arrive statistiquement plus souvent dans ce genre de course de n’avoir que des hommes de niveau moyen. Une femme de très haut niveau peut alors l’emporter. Pour autant, ce n’est pas anecdotique, donc on se demande forcément s’il existe une raison biologique ». En effet, la biologie pourrait répondre à cette question, bien que, pour l’instant, elle tend plutôt à expliquer l’inégalité physique des sexes.

Elles sont également très endurantes à vélo
Elles sont également très endurantes à vélo

Les femmes présentent plus de masse grasse que les hommes (entre 10 et 12 % contre 6 à 7 %) pour un gabarit similaire, comparé à leur sexe. De plus, on constate un sang plus riche en globules rouges, qui permet d'oxygéner les muscles, chez les hommes que chez les femmes (entre 42 et 47 % contre 37 à 42 %). Deux faits biologiques extrêmement pénalisant pour les sportives. Mais alors, comment est-il possible que ces courses, pourtant très difficiles sur le plan physique, soient parfois gagnées par des participantes féminines ?

Guillaume Millet a mené des travaux pour comprendre ces résultats. « [...] Il est possible que les fibres musculaires des femmes soient plus résistantes. Une deuxième explication pourrait tenir au fait que les fibres musculaires spécialisées dans les efforts de longue durée, et qui se fatiguent peu, occupent plus d’espace chez la femme que chez l’homme par rapport aux fibres dites rapides, sollicitées lors de course de vitesse, par exemple ». En somme, les femmes utiliseraient plus efficacement leur réserve de graisses et enfin, les femmes résisteraient mieux à la fatigue physique.

Référence de l’article :

Les femmes sont-elles plus endurantes que les hommes ?