Environnement : pour chaque dollar investi dans sa protection, 30 dollars sont dépensés pour le détruire, selon l'ONU
C'est un constat accablant fait par l'Organisation des Nations Unies : pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, 30 dollars sont dépensés dans des activités qui la détruisent. En France, le constat est le même.

7300 milliards de dollars ont été investis dans des activités néfastes pour la nature en 2023, selon le rapport du PNUE, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, un « déséquilibre flagrant » qui appelle à « un changement majeur dans le financement mondial des solutions fondées sur la nature. »
Parmi les secteurs polluants valorisés par ces dépenses, on retrouve en tête les combustibles fossiles, l’agriculture, l’eau, les transports et la construction. 4900 milliards de dollars provenaient de sources privées, fortement concentrés dans quelques secteurs dont les services publics, l'industrie, l'énergie et les matériaux de base.
« La même année, seuls 220 milliards de dollars ont été consacrés aux solutions fondées sur la nature, et la grande majorité provenait des dépenses publiques », indique le PNUE.
En France aussi, les dépenses néfastes explosent
En 2023 toujours, la Cour des comptes faisait un bilan très critique du montant des dépenses publiques consacré à la transition écologique en France. Elle notait à l'époque que les dépenses favorables à l’environnement avaient « augmenté de 1 milliard d’euros entre 2021 et 2023 alors que le besoin d’investissement était évalué à au moins 10 milliards d’euros [par an] pour la seule transition climatique. »
Face à cela, les dépenses défavorables à l’environnement avaient, elles, explosé, passant de 10,3 à 19,6 milliards d’euros entre 2022 et 2023. Les auteurs de la note de la Cour des comptes pointaient des dépenses vertes « reportées ou remplacées par des dépenses brunes considérées comme plus urgentes ou nécessaires. »
Le PNUE appelle à un changement majeur
Le rapport du PNUE rappelle l'importance de ne pas négliger ce constat. « La majeure partie de notre économie dépend de notre environnement. Or, nous continuons à éroder ce que j’appellerais notre compte bancaire collectif », insiste Ivo Mulder, expert du financement environnemental au PNUE.
De son côté, Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE enfonce le clou : « Si l’on suit l’argent, on mesure l’ampleur du défi qui nous attend. Nous pouvons soit investir dans la destruction de la nature, soit soutenir sa restauration – il n’y a pas de juste milieu. »