La France est le premier pollueur plastique de la mer Méditerranée

La présence de déchets plastiques dans la mer Méditerranée est un véritable fléau. La France en est responsable en majeure partie. Heureusement, certaines actions de protection des mers ou des littoraux peuvent nous inspirer…

Johanna Castelle Johanna Castelle 16 Juin 2019 - 13:31 UTC
Déchets
Selon l’organisation WWF (World Wildlife Fund), la mer Méditerranée est devenue la mer la plus polluée au monde.

D’après le WWF, la France est le premier pollueur de la mer Méditerranée. En cause, son importante production annuelle de plastiques : en 2016 par exemple, elle en produit 4,5 millions de tonnes, soit 66,6 kg par personne. Seulement 22 % de ces déchets sont recyclés ; un taux plus faible que ses voisins de la région méditerranéenne, comme l’Italie, l’Espagne ou encore Israël. Près de 11 000 tonnes de plastiques de déchets ne sont ni recyclés, ni incinérés, et finissent dans la mer Méditerranée chaque année. Rappelons que le plastique met 100 à 1000 ans pour se dégrader, et menace les écosystèmes marins.

Les déchets en mer, de lourdes conséquences…

Au fil du temps, les vagues, le vent et le soleil fragmentent les déchets plastiques, et les transforment parfois en microplastiques. A cette taille, un plus grand nombre d’espèces peut les ingérer, et s’intoxiquer, notamment en les confondant avec de la nourriture. Les plastiques peuvent piéger la les mammifères marins, les blesser et les immobiliser jusqu’à leur mort. Les fonds marins peuvent par ailleurs en être asphyxié : ses composants contaminent les eaux. Le plastique favorise aussi le transport d’espèces invasives : les déchets flottants constituent un nouvel habitat pour des bactéries qui s’y développent, et se retrouvent dans une zone différente de celle de leur lieu d’origine.

Plusieurs sources sont à l’origine des déchets plastiques en mer. Ils peuvent être rejetés directement dans les océans, ou bien être abandonnés sur le littoral. Si l’origine de ces déchets semble clairement identifiable, d’autres sources sont moins faciles à appréhender, puisqu’elles nécessitent plusieurs étapes avant de finir dans les océans. En effet, une multitude de plastiques est issus de l’intérieur des terres, et est pourtant responsables de 80% des déchets en mer. Ce sont les cours d’eau et les vents qui les acheminent vers les océans. Ils transportent divers déchets abandonnés sur les routes ou les rues, certains déchets industriels, ou encore ceux issus d’activités agricoles.

De belles actions pour lutter contre la pollution marine !

Le « Grand défi », une compétition de ramassage de déchets dans la mer Méditerranée, s’est déroulée le 30 mai à Marseille. Cette course est une première en Europe ! Plusieurs équipes de kayakistes et de plongeurs devaient récupérer le plus de déchets possible en mer, sur un parcours de 8km du littoral. Au total, 1,2 tonne de déchets ont été repêchés ! La récolte aura été pour le moins fructueuse : des bouteilles en plastique, des trottinettes électriques et même une gouttière. Les vainqueurs ont reçu une somme d’argent qu’ils pourront reverser à une association de protection de l’environnement.

Plastique
La moitié de la pollution marine est constituée de plastiques à usage unique : couverts, bouteilles, filtres de cigarette ou pailles.

Un autre bel exemple se passe outre-Manche et pourrait bien nous inspirer... Une grand-mère britannique a respecté sa résolution du Nouvel An : nettoyer les plages en 2018. Dès le 1er janvier, elle a ramassé une multitude de déchets qui jonchaient les sols, à raison d’une plage par semaine. Sa mission a été réussie haut la main, puisqu’elle a nettoyé 52 plages en une année ! Elle déclare que son enthousiasme aura bien été ébranlé au regard du nombre considérable de déchets trouvés et de leur singularité...

Publicité