Les restes d'une nécropole vieille de l'époque gallo-romaine découverte dans le Pas-de-Calais !
Lors de fouilles préventives, des archéologues ont découvert les restes d'une nécropole datant du Ier siècle après J.-C. !

Lors de fouilles archéologiques récentes à Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais), une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a mis au jour une nécropole gallo-romaine exceptionnelle, accompagnée d’une voie antique bien conservée.
Ces découvertes, réalisées dans le cadre d’un projet d’aménagement de lotissement sur une parcelle de 9 500 m², offrent un nouvel aperçu du paysage rural antique dans le nord de la Gaule.
Les vestiges se trouvent au lieu-dit "Le bois des mottes", en plein cœur du bassin minier, un secteur déjà riche en découvertes archéologiques. Avant même l’époque romaine, cette zone avait déjà fait l’objet de multiples occupations humaines.
Un des éléments les plus marquants de ces fouilles est la découverte d’un chemin ancien daté du début du Ier siècle de notre ère. Orienté nord-ouest – sud-est, il s’inscrit comme une voie secondaire reliant les habitats ruraux à un grand axe antique reliant Lens à Tournai, qui structurait alors la région.
À Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais), l'Inrap a mis au jour une importante nécropole antique, à proximité immédiate de la voie antique reliant Lens à Tournai.
— Inrap (@Inrap) January 15, 2026
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Au total, 263 unités archéologiques ont été relevées sur le site : elles comprennent de nombreux fossés, fosses, trous de poteau et signes d’activités humaines, mais aussi des traces liées à des événements beaucoup plus récents comme la Première Guerre mondiale ou l’industrie locale du XXᵉ siècle.
Ce chemin, étudié sur une longueur d’environ 155 m, a livré des fossés bordiers et des niveaux de circulation difficiles à observer aujourd’hui mais attestés par des couches de calcaire damé qui montrent comment il était entretenu et utilisé.
Au sud-est de ce chemin antique, les archéologues ont mis au jour une vaste nécropole gallo-romaine comptant précisément 38 structures funéraires. Cette concentration de tombes date du Ier siècle après J.-C. et montre la proximité entre les espaces de vie et les zones d’inhumation à cette époque.
Parmi ces structures funéraires, 35 sont des dépôts secondaires de crémation, des fosses quadrangulaires où les restes brûlés des défunts ont été placés dans des vases, parfois accompagnés d’offrandes alimentaires.
Discovery News! @Inrap unearthed an important necropolis at Annay-sous-Lens. The site, located near the ancient road linking Lens to Tournai, dates back to the first half of the 1st century and contains 38 burials. Its located within the Celtic Atrebates tribe territory. pic.twitter.com/E1LgTtdQ97
— La Gazette Drouot International (@Gazette_Inter) January 20, 2026
Deux autres structures correspondent à des bûchers funéraires : ces "fosses oblongues présentent des parois rubéfiées" et un sédiment riche en charbon de bois, os brûlés et fragments de céramique, montrant des crémations répétées sur place.
Au sein de ce même ensemble, une seule inhumation a été observée, clairement distincte des dépôts de crémation. Elle se situe à l’écart des autres tombes, près de la voie antique. Dans cette fosse rectangulaire d’environ 2,65 m sur 1,40 m, le corps était allongé sur le dos, vraisemblablement placé dans un cercueil en bois, comme l’indiquent les clous retrouvés autour du squelette.
L’accompagnement funéraire comportait aussi un vase, une paire de chaussures et deux monnaies, posées sur la mâchoire et la jambe du défunt, éléments qui situent cette inhumation entre le IIIᵉ et le IVᵉ siècle après J.-C., nettement plus tardive que le reste de la nécropole.
Ces découvertes enrichissent notre compréhension des pratiques funéraires et de l’organisation du territoire dans les campagnes du nord de la Gaule à l’époque romaine. Elles montrent aussi la complexité des vestiges archéologiques à un même endroit, mêlant des témoignages d'un lointain passé à des activités beaucoup plus récentes.
Les recherches se poursuivent pour mieux comprendre l’articulation entre la voie antique, les tombes et les autres éléments d’habitat, ainsi que l’évolution de ce territoire entre la période gallo-romaine et les siècles suivants.
Référence de l'article :
Inrap Institut National de Recherches Archéologiques et Préventives, (15/01/2026), LA NÉCROPOLE ANTIQUE D’ANNAY-SOUS-LENS (PAS-DE-CALAIS)