Nos produits alimentaires sont-ils engagés pour l’environnement ? Pas assez, selon les analystes
Noter la qualité nutritionnelle des aliments n’a rien de nouveau. Noter l’engagement environnemental non plus. Une analyse révèle le manque d’évolution de nombreux produits concernant cet engagement.

Nutriscore. La notation, de manière générale, fait aujourd’hui partie de notre quotidien. Que ce soit pour les hébergements touristiques, pour les restaurants dans lesquels nous voulons dîner ou encore, pour les vendeurs sur les sites de vente d’objets de seconde main, nous notons absolument. Et les aliments que nous consommons ne font pas exception. Nous les notons sur leur qualité nutritionnelle, mais également sur l’impact écologique qu’ils peuvent avoir. Et les analystes pointent du doigt un manque d’évolution à ce sujet.
Les produits d’origine végétale, en moyenne mieux notés que les autres
Depuis quatre ans maintenant, Planet-score s’occupe d'étiqueter plus de 330 marques, concernant leur engagement environnemental. Pour la première fois, l’entreprise a publié un rapport sur le sujet, concernant 135 000 produits alimentaires. Actuellement, ce sont 231 marques qui sont engagées dans une démarche pour l’alimentation durable, de Carrefour à La Vie claire, en passant par Nestlé. C’est d’autant plus important quand on sait que plus de 80 % des produits alimentaires des consommateurs viennent de la grande distribution.
67 % des produits aliments sont notés D ou E, souvent des produits transformés
Mais c’est loin d’être suffisant. « Les enseignes et les marques font plus facilement des efforts sur les produits bruts, traçables (origine, filière, parfois producteur) que sur les produits dans lesquels les filières sont invisibilisées : qui se soucie de la poule pondeuse derrière la mayonnaise, ou de la vache laitière derrière le cookie au beurre ? Pourtant, l'amont agricole représente environ 85 % des résultats globaux : mal approvisionner se voit ! » explique Planet-score.
Les produits alimentaires sont notés de A à E. C’est grâce à 25 indicateurs (climat, biodiversité ou encore, eau) que cette note est attribuée. Et on est loin d’atteindre une bonne moyenne. Seulement 16 % des produits atteignent la note de A ou B et seulement 1 % possède le graal : la note de A. Une situation que déplore Planet-score, qui souligne cependant les efforts de certaines filières, qui se veulent respectueuses. « C'est à saluer, et développer, pour valoriser les démarches de qualité et les efforts des agriculteurs ».

Un fait se distingue. Les produits provenant de l’élevage obtiennent en moyenne une moins bonne note. Environ 76 % d’entre eux (œufs, poissons, ou encore viandes) sont notés D, voire E. A contrario, les produits végétaux ne sont que 43 % à obtenir l’une de ces notes. Mais de nombreuses enseignes veulent s’améliorer, notamment à l’échelle européenne. Malheureusement, le Réseau Action Climat (RAC) déplore le retard pris par la France par rapport à ses voisins.
Le RAC explique. « Le classement montre que certaines enseignes ont adopté des plans d'action climatique et des stratégies de rééquilibrage des ventes de protéines ambitieuses et robustes. C'est le cas des enseignes du groupe Lidl aux Pays-Bas, en Pologne, en Allemagne et en Espagne, des distributeurs néerlandais Albert Heijn et Jumbo, et dans une moindre mesure des supermarchés allemands Rewe et Aldi Süd ». Le RAC demande une réglementation plus poussée en France.
Référence de l’article :
Alimentation durable : le manque d'engagement de l'agroalimentaire et de la grande distribution