En quoi consiste le gigantesque chantier entrepris par la ville de Nîmes pour se prémunir des inondations ?
Un chantier gigantesque a été entrepris par la ville de Nîmes pour limiter le risque d'inondations sur son territoire. Ce secteur a en effet été déjà durement touché par le passé.

Afin de se prémunir contre les inondations liées aux épisodes pluvio-orageux intenses touchant régulièrement les abords de la Méditerranée, la ville de Nîmes a entamé un énorme chantier pour dévier les eaux des zones urbanisées.
Des épisodes meurtriers par le passé
Si le pourtour méditerranéen rime en général avec le beau temps, cela n'est pas toujours le cas. Il arrive parfois que, notamment durant l'automne, des épisodes pluvio-orageux intenses concernent ces régions, apportant des cumuls très importants en un court laps de temps, ce qui résulte régulièrement en inondations plus ou moins importantes.
La ville de Nîmes n'est pas étrangère à ce risque d'inondations, bien au contraire. Le secteur a déjà connu des orages diluviens et meurtriers par le passé, comme entre le 2 et le 3 octobre 1988, où un des orages stationnaires avaient déversé 420mm au Mas-de-Ponge au nord immédiat de Nîmes, entraînant des inondations catastrophiques sur la commune et malheureusement 11 victimes.
Le 3 octobre 1988 à #Nîmes : un orage diluvien et stationnaire déverse plus de 420 mm de précipitations en quelques heures (dont 220 mm en 3h) sur les garrigues, là où les Cadereaux prennent leur source #Inondations meurtrières et catastrophiques. #Gard pic.twitter.com/sEPvugEaoo
— Loïc Spadafora (@loicspadafora) October 3, 2024
Même si 1988 reste l'année la plus marquante, d'autres épisodes diluviens ont concerné la ville de Nîmes plus récemment, comme entre le 6 et le 8 septembre 2005, le 10 octobre 2014 ou encore le 14 septembre 2021. On l'aura donc compris, ce secteur est particulièrement sujet aux inondations, ce qui induit un risque non négligeable pour les habitants.
Avec le réchauffement climatique, la puissance de type d'épisode diluvien pourrait en plus être démultipliée dans les prochaines décennies car plus une atmosphère est chaude, plus celle-ci peut contenir d'humidité. Si la fréquence des épisodes pluvio-orageux ne sera pas forcément augmentée près de la Méditerranée, leur potentiel diluvien sera donc encore plus accru. Il est donc important d'anticiper ces futurs aléas pour limiter les risques pour la population.
D'importants travaux
Durant ces fameux épisodes pluvio-orageux si typiques des régions méditerranéennes, ce sont notamment les eaux de ruissellement qui sont les plus problématiques, l'intensité extrême des précipitations et l'imperméabilisation des sols saturant rapidement le réseau pluvial, qui n'est de toute façon pas dimensionné pour ça.
Ainsi, les travaux, dont le prix s'élève à 250 millions d'euros, ont pour but de limiter la saturation de ce réseau, voire de l'empêcher complètement. Pour se faire, la ville de Nîmes a notamment entreprise la construction d'une quinzaine de bassins de rétention, de canaux creusés pour faciliter l'écoulement des eaux pluviales mais également de deux ouvrages bien plus imposants : des tunnels sous la ville.
Tunnels des caderaux de Nîmes : les voussoirs de Capremib participent à la création dun ouvrage unique en France pour protéger la ville des inondations https://t.co/gN0y8Qngim #tunnel #construction #chantier #BTP #Nice #inondation pic.twitter.com/fmJW9AqfHa
— Batinfo (@Batinfo_com) November 28, 2025
Ceux-ci ne serviront pas à la circulation des véhicules, mais bien à l'évacuation de l'eau durant les épisodes méditerranéens diluviens. Si le premier tunnel (cadereau d'Uzes) mesure 980m de long, le second (cadereau de Limites) est encore plus imposant. Lui aussi creusé à quelques mètres sous terre à l'aide d'un tunnelier, ce tunnel mesure en effet 1280m de long pour un diamètre d'environ 3,30m, ce qui devrait permettre fortement réduire les écoulements dans la ville.
Ces deux tunnels capteront en effet l'eau s'écoulant dans les rues en amont avec des ouvrages de captage appelés « entonnements ». Toutes les eaux seront ainsi récoltées dans ces entonnements et ensuite canalisées dans ces imposants ouvrages, passant de ce fait sous la ville au lieu de traverser directement les rues et les vallons en emportant tout sur leur passage comme ce fut déjà le cas à plusieurs reprises ces dernières décennies.
Au total, les deux tunnels devraient permettre de multiplier par dix la capacité d'écoulement des eaux de pluie à Nîmes, une très bonne nouvelle pour les habitants du secteur. Si les entonnements seront terminés cette année, il faudra toutefois attendre l'année 2028 pour que ce gigantesque chantier s'achève complètement.
Référence de l'article :
"Les eaux passent sous la ville" : Nîmes construit un énorme tunnel pour se prémunir des inondations, France Info (26/01/2026), Guillaume Farriol