Début des JO d’hiver 2026 à Milan Cortina : pourquoi sont-ils loin d'être écologiques ?
Malgré certains efforts, les experts estiment que les JO d'hiver de Milan Cortina 2026, qui débutent ce vendredi, sont "une défaite pour la montagne". Comment expliquer les impacts négatifs de ces Jeux sur l'environnement ?

Nous sommes à quelques heures du début de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver 2026 de Milan Cortina, en Italie. Alors qu'ils promettaient d'être les plus respectueux de l'environnement, le résultat est tout autre. Certains experts parlent de "défaite", de "folie" : pourquoi un tel bilan négatif sur le front de l'écologie ?
Des équipements déjà existants
Pour que ces troisièmes Jeux d'hiver italiens de l'histoire soient les plus respectueux de l'environnement, les organisateurs ont misé sur la réutilisation d'équipements déjà existants, ce qui par ailleurs limite les coûts (5,2 milliards d'euros prévus). Sur 83% des 13 sites d'épreuves, les pistes, tremplins et autres équipements étaient ainsi déjà en place, comme Bormio et Cortina pour le ski alpin, Livigno pour le ski freestyle ou Anterselva pour le biathlon.
Les Jeux dhiver ne sont pas prêts. À trois jours du lancement des JO de Milan-Cortina, les travaux ne sont pas terminés. Un téléphérique et la patinoire principale accueillant le hockey sur glace sont encore en chantier. #JT20h pic.twitter.com/X2ry4hXIlE
— Le20h-France Télévisions (@le20hfrancetele) February 3, 2026
Pour rappel, les JO d'hiver les plus chers de l'histoire avaient été ceux de Sotchi, en Russie, en 2014, avec un coût total de 24,6 milliards d'euros. Malgré ces efforts italiens, une controverse a existé, concernant la construction d'une seule piste de bobsleigh à Cortina et un complexe omnisports à Milan transformé en patinoire pour le hockey sur glace.
"Le gigantisme dans le sport ne fonctionne plus", estimait le mois dernier Giovanni Malago, le président du comité d'organisation, en évoquant même ces Jeux comme un futur "modèle". L'instance olympique, le CIO, encourage d'ailleurs ce nouveau modèle dit "diffus", qui sera aussi au cœur du projet français Alpes 2030 pour les prochains Jeux d'hiver.
Le contexte est assez dramatique, puisque c'est celui du réchauffement climatique : selon le CIO, seulement 10 pays seraient encore en mesure d'accueillir les Jeux d'hiver d'ici 2040. Mais les experts et les associations écologistes n'en démordent pas : ces JO d'hiver 2026 sont "une défaite pour la montagne". Comment l'expliquer ?
D'énormes ressources en eau utilisées
L'impact environnemental de ces JO d'hiver est en fait maximisé par l'utilisation massive des ressources en eau pour produire de la neige artificielle. Pour Carmen De Jong, professeure de géographie à l'université de Strasbourg, il s'agit de "JO théoriquement d'hiver", parce qu''il n'y a plus vraiment la neige ou pas assez de neige".
les JO 2026 de Milan-Cortina utiliseront 100 % de neige artificielle.#olympics #wintersports pic.twitter.com/pm36BiufB5
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Selon elle, on estime la quantité d'eau indispensable à la production de neige artificielle à 2,4 millions de mètres cubes, contre 2,8 millions pour les JO de Pékin en 2022. "C'est une folie totale. Ils ont pris presque tout le débit des rivières", explique-t-elle, avec comme conséquences une pollution accrue et une éradication des poissons, tandis qu'une sécheresse menace les Alpes.
Par ailleurs, la construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement des enneigeurs (retenues collinaires, conduites forcées pour capter l'eau) a aussi un impact négatif sur l'environnement, directement lié à la multiplication des sites de compétition (deux pour le ski alpin). Des centaines d'arbres ont d'ailleurs été coupés pour construire la piste de bobsleigh à Cortina. Du côté de Bormio également, pour élargir les pistes dans le Parc national du Stelvio.
Insister sur les zones skiables et réaliser de grands travaux routiers est une organisation archaïque, datant des années 1970, selon les associations écologistes. Enfin, une télécabine construite spécialement pour ces Jeux, devrait bientôt disparaître, puisqu'elle se situe sur une zone de glissement de terrain, qui bouge de 2 mètres par an. Une absurdité supplémentaire…