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Les piétons prêts à abandonner les trottoirs pour des parcours d'obstacles

C'est une très bonne nouvelle, face à la sédentarité croissante de l'humanité : selon une étude anglaise, si les piétons pouvaient choisir, ils laisseraient tomber les trottoirs traditionnels pour marcher sur de véritables parcours d'obstacles. Des trajets beaucoup plus sportifs et meilleurs pour la santé !

Piétons trottoir
Marcher sur un trottoir n'est considéré que comme une activité physique légère, qui ne modifie pas la fréquence cardiaque.

Marcher sur un trottoir, un lundi matin d'hiver, sous la pluie, pour aller au travail... Cela n'a rien de réjouissant, ni de motivant, compte tenu de la relative inactivité que cela implique. Ce tableau un peu noir explique sans doute les résultats de cette étonnante étude anglaise, de l'université de Cambridge, publiée dans la revue Landscape Research.

Si le paysage urbain était sensiblement modifié, avec par exemple des parcours d'obstacles, alors jusqu'à 78% des piétons préféreraient suivre cet itinéraire plutôt que d'emprunter un trottoir classique et relativement ennuyeux. De quoi imaginer pouvoir remettre des millions de personnes au sport, afin qu'une majorité de la population atteigne les objectifs recommandés en matière d'activité physique.

Choisir un "itinéraire sain"

Faire de l'exercice "en déplacement" est essentiel pour améliorer l'équilibre corporel et la densité osseuse. Une marche simple sur un trottoir ne suffit pas à remplir ces objectifs (la fréquence cardiaque est d'ailleurs peu affectée), sauf si le marcheur se met à sauter. S'ils avaient le choix, jusqu'à 78% des adultes opteraient pour des itinéraires "amusants" si ceux-ci étaient bien conçus, explique l'étude. C'est ce qu'on appelle un "itinéraire sain" : si marcher est un itinéraire sain par rapport aux transports en commun, choisir un parcours d'obstacles en est aussi un, par rapport à la marche simple sur trottoir.

"Lorsque des millions de personnes utilisent ces paysages urbains chaque jour, ces différences peuvent avoir un impact positif majeur sur la santé publique", explique Anna Boldina, auteure principale de l'étude. Il s'agit en l'occurrence de modifications mineures du paysage urbain : tremplins, marches hautes, poutres d'équilibrages, bûches avec mains courantes. Si la poutre semble moins faire l'unanimité (14% des adultes la choisiraient par rapport au trottoir classique), les marchepieds connaissent le succès le plus important (78% des adultes renonceraient au trottoir conventionnel pour les choisir).

Alors pourquoi choisir un itinéraire bien plus difficile que le trottoir classique ? Plusieurs raisons sont invoquées par l'étude. Tout d'abord, les itinéraires à obstacles servant de raccourcis sont évidemment les plus attrayants. Par ailleurs, la conception du parcours en lui-même joue énormément, notamment lorsqu'il est jalonné de parterres de fleurs, de signalisation et d'éclairage adéquat. Enfin, la vue d'autres personnes empruntant l'itinéraire encourage 40% des répondants à faire de même. Le choix évolue également en fonction de l'âge et de l'appétence au sport. Les plus jeunes auront notamment tendance à s'aventurer sur la poutre, les plus vieux un peu moins...

La "théorie du plaisir"

L'étude explique que ces résultats s'inscrivent dans le cadre de la "théorie du plaisir". Il s'agit d'une stratégie par laquelle l'activité physique est rendue plus excitante. L'architecture du choix est par ailleurs construite pour que les bons choix soient rendus plus faciles et pour que les choix moins bénéfiques soient rendus plus difficiles.

Ajouter une large gamme d'exercices à nos quelques minutes quotidiennes de marche permettrait d'améliorer notre santé cardiovasculaire. L'OMS recommande d'ailleurs au moins 150 minutes d'activité "modérée" ou 75 minutes d'activité "vigoureuse" par semaine, y compris des activités visant à améliorer la densité des os, les muscles et l'agilité.

Les chercheurs de l'étude espèrent bientôt mener des expériences réelles en pratique sur le terrain et continuent de présenter leurs découvertes aux décideurs politiques.