France : un maire d'une commune de la Loire prend un arrêté contre… les moustiques tigres !
Les nuisibles ont interdiction de survoler la commune, auquel cas ils s'exposent à des poursuites !

Une commune française vient officiellement d’interdire aux moustiques tigres de survoler son territoire ! Et non ce n'est pas une "fake news" car derrière cet arrêté municipal pour le moins insolite se cache pourtant un problème beaucoup plus sérieux : la prolifération de cet insecte particulièrement indésirable.
« Tout moustique tigre » s’expose à des poursuites
Les moustiques tigres feraient-ils mieux de changer leur plan de vol ? À Saint-Just-Saint-Rambert, dans la Loire, le maire Olivier Joly a signé, le 1er septembre 2026, un étonnant arrêté municipal leur interdisant tout simplement de survoler la commune.
Le texte va même assez loin dans l’humour puisqu’il prévoit que les moustiques repérés en plein vol doivent immédiatement y mettre fin. Les contrevenants s’exposeraient même à des « poursuites ». Pour éviter les ennuis avec la police municipale, les insectes sont également invités à rejoindre les pièges installés par la commune !
"Aucun moustique n'a été arrêté ou verbalisé": le maire de Saint-Just Saint-Rambert dans la Loire interdit aux moustiques tigres de survoler la communehttps://t.co/orhujHoGd9
— BFM (@BFMTV) September 3, 2026
Évidemment, aucun moustique ne risque réellement de recevoir une contravention. L'arrêté a été volontairement rédigé sur le ton de l'humour afin d'attirer l'attention des habitants sur un phénomène beaucoup moins amusant : la présence grandissante du moustique tigre.
Une manière originale d'interpeller les habitants
Cette décision ne tombe pas de nulle part. La mairie explique avoir reçu de nombreux signalements d'habitants concernant ces insectes. Interrogé par l'AFP, Olivier Joly raconte même avoir été interpellé à son retour de vacances par des administrés se plaignant de ne plus pouvoir "prendre l'apéro dehors".

L'objectif de cet arrêté est donc surtout de remobiliser la population. Car la municipalité agit déjà : 8 pièges ont notamment été installés dans des zones pilotes et 250 kits de lutte ont été distribués à des habitants volontaires.
Des gîtes à chauves-souris et des dispositifs destinés à favoriser la présence d'oiseaux insectivores ont également été mis en place. Selon l'AFP, la commune a jusqu'ici consacré 45 000 euros à différentes actions contre les moustiques.
Le moustique tigre gagne du terrain en France
Si l'arrêté prête à sourire, le problème sanitaire, lui, est bien réel. Originaire d'Asie et détecté pour la première fois en France métropolitaine en 2004, le moustique tigre (Aedes albopictus) s'est progressivement installé dans une grande partie du territoire.
Santé publique France indiquait qu'au 1er janvier 2026, 83 des 96 départements métropolitains étaient colonisés. Actif principalement entre mai et novembre, le moustique tigre est susceptible de transmettre plusieurs virus, notamment ceux de la dengue, du chikungunya et du Zika.
Le moustique tigre pourrait se répandre dans presque toute la France hexagonale d'ici 2085, zones montagneuses exceptées, sous leffet du réchauffement climatique. Le risque de transmission autochtone de dengue pourrait concerner une part significative du territoire. pic.twitter.com/K0vDmhfcsj
— Agence France-Presse (@afpfr) August 10, 2026
Le risque n'est plus seulement théorique. L'année 2025 avait été particulièrement marquante avec 809 cas autochtones de chikungunya et 30 cas autochtones de dengue identifiés en France hexagonale. Des transmissions locales ont également de nouveau été détectées durant l'été 2026.
Quelques gestes peuvent vraiment limiter sa prolifération
C'est justement le véritable message que souhaite faire passer Saint-Just-Saint-Rambert. La lutte commence dans les jardins, sur les balcons et autour des habitations, car de petites quantités d'eau peuvent permettre aux moustiques de se reproduire.

L'arrêté demande ainsi aux habitants de supprimer les eaux stagnantes présentes dans les seaux, coupelles de pots de fleurs ou pneus usagés, mais aussi d'entretenir les gouttières et caniveaux et de couvrir ou traiter les piscines et bassins inutilisés.
Alors, les moustiques tigres respecteront-ils l'arrêté municipal ? Probablement pas. Et pour le moment, le maire reconnaît qu'aucun contrevenant ailé n'a encore été arrêté ou verbalisé.
Mais avec cette décision volontairement décalée, la commune a réussi son premier objectif : faire parler du moustique tigre et rappeler que, derrière l'agacement provoqué par ses piqûres, sa progression représente désormais un véritable enjeu de santé publique et devient la responsabilité de chacun.
Référence de l'article
Le Télégramme avec AFP. (03/09/2026). « Ils s’exposent à des poursuites » : les moustiques tigres interdits de survoler une commune de la Loire !.