Les bateaux de croisière peuvent-ils devenir 100 % écologiques ? C’est l’ambition des professionnels du secteur

Va-t-on bientôt voir des bateaux de croisières 100 % eco-friendly ? C’est l’objectif des professionnels du secteur, qui ont pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, en mettant à l’eau le premier bateau de croisière à émissions presque nulles.

Des bateaux particulièrement énergivores
Des bateaux particulièrement énergivores

Énergie verte. Le secteur des croisières se lance un défi de taille : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Impossible ? Sophie Galvagnon, co-créatrice du projet Captain Arctic, premier bateau de croisière à émissions quasi nulles. « L’exploration propre a déjà été atteinte par nos ancêtres, qui naviguaient dans des navires simples vers des destinations extrêmes. Tout ce que nous avons à faire est de la moderniser ». Ce mastodonte de 70 mètres de long sera mis à l’eau au mois de novembre.

L’Association internationale des compagnies de croisières (CLIA) avait déjà, en 2021, évoqué son intention de participer à l’effort environnemental

Une aubaine, car les compagnies maritimes membres de l’association, toutes regroupées, représentent pas moins de 95 % du secteur mondial. Autant dire que sans eux, l’effort est vain. Mais c’est bien la CLIA qui a l’intention d’atteindre cette neutralité carbone moins de vingt-cinq ans. Le président de CLIA Global de l’époque, Pierfrancesco Vago, se voulait optimiste. « Nous savons qu’il faut en faire davantage. Mais le secteur des croisières a démontré à la fois son dévouement et sa capacité à se montrer à la hauteur de ce défi », avait-il annoncé.

Le tourisme en Antarctique, l’un des secteurs les plus polluants

Le Captain Arctic est un navire d’expédition polaire. Pas de coïncidence, mais une véritable intention de marquer un tournant. En effet, la croisière d’expédition est un secteur touristique en pleine expansion. Entre 2023 et 2024, pas moins de 120 000 personnes ont découvert l’Antarctique. A titre d’exemple, entre 1991 et 1992, ils n’avaient été que 6400. Le problème, c’est que l'environnement de l’Antarctique est extrêmement fragile et les croisières y sont l’un des types de tourisme les plus énergivores.

Cependant, les professionnels du secteur se veulent optimistes. Iain McNeill travaille pour le norvégien HX Hurtigruten Expeditions. Il explique que les ressources nécessaires pour créer ces navires à empreinte carbone quasi nulle existent déjà. Le problème : l’usage trop limité de ces ressources et de leur coût. « Avec un fort soutien gouvernemental et des partenariats public-privé, nous croyons non seulement que les croisières neutres en carbone sont faisables d’ici à 2050 mais aussi qu’elles pourraient voir le jour plus tôt ».

Les environnements fragiles se protègent
Les environnements fragiles se protègent

Le directeur de la durabilité du Ponant Explorations Group, Wassim Daoud, se montre conscient des obstacles à relever. « [...] Le secteur est confronté à trois obstacles majeurs : une offre limitée en matière de carburants verts, un développement lent des infrastructures portuaires et la longue durée de vie des navires existants. Sans coordination, innovation et investissements à l’échelle mondiale, atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 va être un combat difficile ».

La bonne nouvelle, c’est que les règles semblent évoluer. La durabilité des matériaux pour les bateaux de croisière, notamment ceux s’aventurant dans les derniers espaces sauvages, vont devoir se montrer irréprochables, comme l’affirme Gerry Larsson-Fedde, de chez Hurtigruten. « La durabilité va de plus en plus être une condition pour que les organisateurs de croisières puissent continuer à exercer ».

Référence de l’article :

Le secteur des croisières a-t-il les moyens d’atteindre la neutralité carbone ?