Réchauffement climatique : faut-il s’attendre à plus de tempêtes ?

La France a connu plusieurs tempêtes ces dernières semaines. Elles se sont accompagnées de vents violents, faisant d’importants dégâts sur leur passage. Le réchauffement climatique va-t-il accroître leur fréquence ?

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Cette image d'arbre déraciné illustre la force des phénomènes tempétueux.

Rappelons d’abord que l'on parle de tempête dès lors que les rafales de vent dépassent les 100 km/h. Les tempêtes se concentrent entre les mois de novembre et de mars. Les derniers épisodes tempétueux que la France a pu connaître peuvent ainsi s’inscrire dans un contexte classique de saisonnalité. Il est aussi important de comprendre ce qui caractérise une tempête pour mieux appréhender sa variabilité naturelle.

Comment se caractérise une tempête ?

Les tempêtes naissent d’une interaction de différents éléments. Il faut d’abord prendre en compte le courant-jet (ou Jet Stream), jouant un rôle déterminant dans le renforcement des dépressions. Les courants-jets sont des vents très forts, situés à 10 000 mètres d’altitude. Ils canalisent les masses d’air, et séparent l’air polaire de l’air doux. Il arrive cependant que ces courants ralentissent, se détendent, et se déforment, plongeant ainsi vers le sud. Dans ce cas, l’air froid suit sa déformation et sa trajectoire, donnant lieu à une descente d’air froid pour former une encoche d’air froid. Celle-ci constitue ainsi une anomalie froide d'altitude.

Lorsque dans le même temps, une anomalie chaude de surface se développe, c’est-à-dire une dépression, elles va dans certaines conditions interagir avec l’anomalie froide d’altitude, elle-même pilotée et renforcée par un Jet Stream très rapide. Et c'est l’interaction de ces trois facteurs : les deux anomalies (chaude et froide) et le Jet Stream très rapide qui est à l’origine d'un tempête.

Le réchauffement climatique peut-il renforcer la fréquence des tempêtes ?

Selon les statistiques, il n’y a pas eu d’augmentation significative du nombre de tempête au cours des 60 dernières années. Il n’est ainsi pas possible d’affirmer à ce jour que la hausse des températures favorise leur risque de survenance. D’autant que ce phénomène, caractérisé par une variabilité naturelle importante, rend les données difficiles à interpréter. Aucune tendance ne peut donc être établie sur l’évolution du phénomène.

Nous pouvons toutefois affirmer que la surchauffe de la Terre pourrait conduire à une multiplication des inondations côtières. La hausse des températures entraîne en effet la fonte des glaciers et l’expansion thermique des océans, provoquant une élévation inexorable du niveau de la mer. Cette élévation sera d’ailleurs à priori de l’ordre de 40 à 50 cm d’ici la deuxième partie de ce siècle dans les régions côtières.

A mesure que le niveau de la mer augmente, les tempêtes seront plus dangereuses et provoqueront davantage de dégâts : les tempêtes doublées d’un fort coefficient de marée par exemple pourront augmenter les épisodes de submersions marines.