Que peuvent nous apprendre les orgues d'église sur le changement climatique ?
Les églises conservent des registres des dates d'accordage de leurs orgues. Ces registres peuvent remonter à plusieurs décennies, voire plus loin. Ils constituent une mine d'informations précieuses sur l'évolution du climat au fil des ans.

Des chercheurs de l'Université Nottingham Trent (NTU) ont analysé 18 registres de jeux d'orgues d'églises de Londres, du Nottinghamshire et du Derbyshire afin d'en apprendre davantage sur le changement climatique dans la région. Ces relevés, qui remontent à 1966, montrent comment les températures moyennes dans les églises ont augmenté depuis lors.
Que sont les livres de parties d'orgue ?
Les orgues d'église sont des instruments complexes, en métal ou en bois, actionnés par le vent. Leur hauteur de son dépend des conditions météorologiques, notamment de la température. Une augmentation d'un seul degré peut modifier la hauteur du son de 0,8 hertz.
Les accordeurs d'orgues sont très attentifs à des facteurs comme la température, car celle-ci peut entraîner la dilatation ou la contraction du métal. C'est pourquoi ils notent également la date du dernier accordage.
De ce fait, ces vieux registres poussiéreux, conservés dans diverses églises, sont devenus une véritable mine d'informations sur le changement climatique. Accorder des orgues dans les pays chauds est un défi, mais cela devient également de plus en plus difficile dans les régions plus froides comme la Grande-Bretagne.
Qu'avons-nous appris sur le changement climatique ?
Le trio de chercheurs de l'Université technologique de Nanyang (NTU), Yangang Xing, Andrew Knight et Bruno Bingley, a analysé les données de température enregistrées dans les livres de parties d'orgue et a constaté que les températures moyennes dans les églises augmentent aussi bien en hiver qu'en été.
Les églises sont généralement de grands édifices en pierre qu'il était historiquement difficile de chauffer. Les systèmes de chauffage modernes permettent désormais de remédier à ce problème, mais ces systèmes sont coupés pendant les mois d'été, confirmant ainsi ce que nous soupçonnions déjà : la planète se réchauffe.
L'humidité joue probablement aussi un rôle. Un document provenant d'une église de Nottingham indique que l'accordage de l'orgue fut plus difficile ce jour-là en raison du brouillard. Bien entendu, les scientifiques ne se contentent pas de quelques enregistrements pour tirer une conclusion majeure.
C'est pourquoi ils invitent d'autres personnes à partager les données de leurs recueils de parties d'orgue. Plus ces données remontent loin dans le temps, mieux c'est. Ils espèrent surtout que l'on prendra conscience de la valeur inestimable des données que recèlent ces recueils, attendant d'être découvertes.