Comment avoir un logement qui sent bon sans produit chimique ?

Votre maison sent bon… mais à quel prix ? Derrière les parfums d’ambiance et les bougies parfumées se cachent souvent des substances qui polluent l’air intérieur et nuisent à votre santé.

Bougies, sprays désodorisants, encens, diffuseurs… Ces produits sentent bons mais ils sont mauvais pour la santé et polluent l'air intérieur.
Bougies, sprays désodorisants, encens, diffuseurs… Ces produits sentent bons mais ils sont mauvais pour la santé et polluent l'air intérieur.

Bougies parfumées, sprays désodorisants, encens, diffuseurs électriques… Ces produits promettent une maison qui sent "le propre". Pourtant, ils sont loin d’être bons pour la santé et pour l’environnement. Selon l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), l’air intérieur est souvent plus pollué que l’air extérieur, notamment à cause des produits ménagers et des parfums d’ambiance.

Irritations, réactions allergiques et céphalées !

En effet, ces produits libèrent des composés organiques volatils (COV), comme le formaldéhyde ou le benzène. Les COV sont associés à des irritations des voies respiratoires, des maux de tête et des réactions allergiques. À long terme, certains sont classés comme cancérogènes probables par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) !

Les bougies parfumées et l’encens ne valent pas mieux. Une étude de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) souligne que leur combustion émet des particules fines et du monoxyde de carbone. Brûler de l’encens peut produire autant de particules qu’une cigarette, selon plusieurs travaux scientifiques.

Les désodorisants en spray contiennent souvent des phtalates, utilisés pour fixer les parfums. Ces substances sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Ils ne suppriment pas les odeurs : ils les masquent en saturant l’air de molécules chimiques.

Enfin, ces produits ont aussi un coût environnemental : fabrication industrielle, emballages plastiques, aérosols, transport… Leur empreinte carbone est loin d’être négligeable. Un logement qui sent artificiellement fort n’est pas forcément un logement sain. L’odeur de "propre" est utilisé en marketing pour vendre des produits dont nous n'avons pas besoin. Car le "propre" n'a pas d'odeur… Aussi, la qualité de l'air ne se juge pas à l'odeur.

Des solutions naturelles pour un intérieur sain et agréable

La première règle est simple : aérer chaque jour au moins 10 à 15 min, même en hiver. L’ADEME recommande une aération quotidienne pour renouveler l’air intérieur et réduire l’humidité et les polluants. Ensuite, il faut s’attaquer à la source des mauvaises odeurs. Cuisine, salle de bain, poubelles, textiles… Un nettoyage régulier avec des produits simples suffit souvent : savon noir, vinaigre blanc, bicarbonate de soude.

Le bicarbonate est particulièrement efficace pour absorber les odeurs. Placé dans un petit récipient ouvert au réfrigérateur, près des chaussures ou dans la poubelle, il neutralise les odeurs au lieu de les masquer. Le vinaigre blanc peut être utilisé pour détartrer et désinfecter légèrement les surfaces. Son odeur disparaît en séchant. Il remplace avantageusement de nombreux nettoyants parfumés.

Pour parfumer naturellement l’air, les solutions existent. Faire bouillir de l’eau avec des zestes d’agrumes, des clous de girofle ou de la cannelle diffuse une odeur douce et temporaire, sans substances synthétiques ou chimiques. Les plantes d’intérieur contribuent aussi à une atmosphère plus fraîche. Si leur capacité à dépolluer l’air est limitée en conditions réelles, elles participent au confort sensoriel et à la régulation de l’humidité.

On peut également utiliser des huiles essentielles avec prudence et parcimonie, en diffusion ponctuelle et bien ventilée. Elles restent des substances concentrées et ne doivent pas être utilisées en excès, notamment en présence d’enfants ou d’animaux. À noter que les huiles essentielles sont aussi très énergivores lors de leur fabrication, d'où l'importance d'en utiliser en très petite quantité.

Enfin, textiles et rideaux doivent être lavés régulièrement. Parmi les textiles qui peuvent dégager une forte odeur : les torchons et serviettes ! Surtout s'ils ne sont pas lavés régulièrement. Les odeurs stagnent souvent dans les tissus, encore plus si vous avez des animaux autorisés sur le canapé en tissus.

Bref, vous l'aurez compris, un intérieur qui sent bon est d’abord un intérieur propre, sec et bien ventilé. Car on peut tout aussi bien vivre dans un logement qui sent bon pour la bougie et qui n'est absolument pas sain. Choisir des solutions simples et naturelles permet de préserver sa santé, de limiter la pollution de l’air intérieur et de réduire son impact environnemental.