L’est de l’Australie sous la fumée des incendies

La situation reste très compliquée en Australie, où les incendies ne cessent pas et où la qualité de l'air atteint des niveaux catastrophiques, notamment à Sydney.

Clément Meirone Clément Meirone 15 Déc 2019 - 06:00 UTC
incendies australie
Les incendies perdurent en Australie, où les fumées recouvrent les grandes villes, provoquent une très mauvaise qualité de l'air.

L’image avait fait le tour du monde, celle d’une femme sauvant un koala des flammes, fin novembre, dans la province de Nouvelle-Galles du Sud dans l’est du pays. Ce dernier n’avait malheureusement pas survécu à ses blessures, tout comme de nombreux autres koalas, alors que l’espèce est déjà déclarée « fonctionnellement éteinte ».

Le bilan humain lui aussi ne cesse de s'alourdir, et le danger gagne même les grandes villes comme Sydney, où le taux de particules fines dans l'air a atteint des niveaux catastrophiques cette semaine.

Depuis ces dernières semaines, les habitants, tout comme la faune et la flore, paient un lourd tribu de ces gigantesques incendies qui sont hors de contrôle. Les autorités estiment que plus de 2,5 millions d’hectares de terres ont déjà brûlé, alors que des centaines de foyers restent actifs à l’heure actuels, et que l’été austral ne fait que commencer…

Des centaines d’incendies hors de contrôle

Les conditions météorologiques sont particulièrement estivales sur l’Australie en ce début d’été mais les causes des incendies actuels remontent à plus loin. Depuis 2017, la pluviométrie est largement déficitaire sur l’île, où les cours d’eau sont à sec, tout comme les retenues d'eau.

Depuis le mois d’octobre, les températures connaissent de fortes hausses par intermittence, lesquelles se sont multipliées ces dernières semaines. A Sydney et à Canberra, le mercure dépasse fréquemment les 30 degrés, parfois jusqu’à 38 comme mardi dernier. Mais plus loin dans les terres, la barre des 40 degrés est dépassée quasi-quotidiennement.

Couplé à des épisodes de vents forts, la situation est parfaitement propice au déclenchement d’incendies, lesquels ne sont freinés par aucune perturbation atmosphérique, ni par les pompiers qui luttent comme ils le peuvent.

A l’heure actuelle, des centaines d'incendies sont toujours en cours, principalement sur les côtes est en Nouvelle-Galles du Sud, ainsi que sur la côte nord dans le Queensland. Le gouvernement australien a même ouvert une plateforme qui signale et localise l'ensemble de ces foyers.

Sydney recouvert d’une épaisse fumée

La plus grande ville d’Australie, Sydney, est située à quelques kilomètres des virulents incendies qui touchent les parcs nationaux Blue Mountains et Yango National. Les vents apportent les particules qui stationnent ensuite sur la baie.

Mardi, alors qu’il faisait plus de 35 degrés sur Sydney et que le vent soufflait fortement, la ville a été recouverte d’un épais brouillard constitué de ces particules.

Le taux de PM 2,5 (particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 microgrammes par mètre cube) a atteint les 2.200 dans l'ouest de Sydney, quand le seuil d’alerte pour les autorités australiennes est fixé à 200, et le seuil de "bonne qualité" à 60. A ce niveau, même une personne en bonne santé est en danger. D’ailleurs, les détecteurs à incendie de plusieurs bâtiments se sont déclenchés, le port a été fermé et les écoliers sont restés confinés.

Avec le changement climatique, les feux de forêts devraient devenir plus fréquents, du fait de sécheresses et d’épisodes caniculaires eux-mêmes plus nombreux.

En Australie, l’été ne fait que commencer et malgré quelques moments d’accalmie offerts par le thermomètre et le vent, on attend une nouvelle dégradation (sous entendu une nouvelle hausse du mercure) pour le début de semaine prochaine.

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