Avec le changement climatique, risquons-nous de voir les prix du café s'envoler y compris en France ?

Plus de deux milliards de tasses de café sont consommées chaque jour dans le monde. Or avec le réchauffement climatique, les récoltes sont menacées dans les pays producteurs, avec un impact certain sur le coût de cette habitude planétaire et également très française.

Au-delà du seuil de 30°C, les caféiers subissent un stress thermique qui affecte la qualité des récoltes.
Au-delà du seuil de 30°C, les caféiers subissent un stress thermique qui affecte la qualité des récoltes.

En France, on compte entre 2,3 et 2,6 tasses de café par jour et par personne, une consommation qui place le pays parmi les plus grands consommateurs de café, autour du 6ème rang des pays par habitant. Pourtant votre petit café du matin pourrait bien devenir un luxe face à la difficulté grandissante des producteurs à maintenir une production stable.

La faute au réchauffement climatique ?

Selon une analyse de Climate Central, le réchauffement climatique menace les récoltes dans la quasi-totalité des pays producteurs. Le Brésil, le Vietnam, la Colombie, l’Éthiopie et l’Indonésie, les cinq principaux producteurs mondiaux et soit 75% de la production mondiale, ont chacun connu en moyenne 57 jours supplémentaires par an de chaleur néfaste pour la culture du café.

Rien que pour le Brésil, premier fournisseur mondial, on compte 70 jours additionnels de chaleur dommageable pour le café, et sur 25 pays analysés (97% de la production mondiale), le nombre de journées de chaleur supplémentaires du fait du réchauffement s'élève à 47.

Les scientifiques parlent de niveaux de chaleur excessive pour les caféiers au-dessus de 30°C. Ces derniers se sont basés sur leur système de modélisation Climate Shift Index. Lors de leur étude, ils y ont comparé les températures de la période 2021-2025 avec celles qu'auraient pu connaître ces régions tropicales sans réchauffement climatique.

Seuil critique au-dessus de 30°C

Au-delà de ce seuil, les caféiers subissent un stress thermique. Les rendements diminuent, la qualité des grains peut se dégrader et les plantes deviennent plus vulnérables aux maladies. Ces conséquences ont un effet direct sur la quantité de la production et sur la qualité du café, et par ricochet, vont contribuer à une augmentation des prix au niveau mondial.

Ce sont les petits exploitants familiaux qui en subissent les premiers effets. Ils représentent 80% de la production mondiale or ils n'ont reçu en 2021 que 0,36% des aides financières destinées à soutenir la transition écologique.

« Les producteurs de café en Ethiopie voient déjà l'impact des chaleurs extrêmes. Le café Arabica est particulièrement sensible à la lumière directe. Sans assez d'ombre, les caféiers produisent moins de grains et deviennent plus vulnérables aux maladies », explique dans le rapport Dejene Dadi, directeur général de la coopérative Oromia Coffee Farmers (OCFCU).

Références de l'article :

Climate Central, Climate change is turning up the heat on the world’s coffee supply, new analysis finds

France 24, Climat: plus de chaleur est néfaste à la production de café