Super El Niño sur le point d’atteindre une intensité très forte : la NOAA relève son échelle à 8 °C

Le Pacifique continue de se réchauffer à un rythme soutenu et le Super El Niño est sur le point d’atteindre une intensité très forte. La poche d’eau chaude située sous la surface est si intense que la NOAA a dû relever l’échelle de l’un de ses graphiques de référence.

Les anomalies quotidiennes (09/10/2026) montrent une vaste zone où les températures dépassent de plus de 3 °C les normales dans le Pacifique central et oriental. Crédits : Meteored / adapté de NASA Worldview.
Les anomalies quotidiennes (09/10/2026) montrent une vaste zone où les températures dépassent de plus de 3 °C les normales dans le Pacifique central et oriental. Crédits : Meteored / adapté de NASA Worldview.

La région de surveillance d’El Niño, connue sous le nom de Niño 3.4, a enregistré une anomalie relative de +1,8 °C de la température de surface de la mer (TSM) au cours de la dernière semaine, selon la NOAA. Le Super El Niño 2026-2027 est ainsi sur le point d’atteindre la catégorie « très forte », définie à partir du seuil de +2 °C.

Le réchauffement est également remarquable sous la surface de l’océan. Dans sa dernière mise à jour, la NOAA a relevé à 8 °C la valeur maximale de l’échelle utilisée sur la carte des anomalies de température.

Bien que les anomalies absolues aient déjà atteint +2,6 °C, elles incluent le réchauffement de fond des océans, qui est retranché dans le calcul des anomalies relatives. Dans les prochains jours, une pulsation de l’oscillation de Madden-Julian (MJO) devrait se déplacer sur l’océan Pacifique, ce qui devrait favoriser un nouveau réchauffement et permettre à El Niño d’atteindre prochainement le seuil de +2 °C. Voici les détails.

Le Super El Niño est sur le point d’atteindre une intensité très forte

Alors que l’anomalie relative de la semaine centrée sur le 29 juillet atteignait +1,5 °C, plaçant El Niño dans la catégorie des épisodes forts, la dernière semaine a enregistré une nouvelle hausse de 0,3 °C, portant l’anomalie dans la région Niño 3.4 à +1,8 °C.

Il ne manque donc plus que 0,2 °C pour que le phénomène atteigne officiellement le seuil de +2 °C, utilisé pour caractériser un El Niño très fort, même si le pic du phénomène est attendu entre octobre et décembre.

Dans le même temps, la région Niño 1+2, située au large des côtes du Pérou, affiche déjà une anomalie relative de +3,3 °C, une valeur exceptionnelle.

Mises à jour hebdomadaires du bulletin El Niño de la NOAA, avec le rectangle rouge mettant en évidence le relèvement de l’échelle à 8 °C. Crédits : Meteored / adapté de la NOAA.
Mises à jour hebdomadaires du bulletin El Niño de la NOAA, avec le rectangle rouge mettant en évidence le relèvement de l’échelle à 8 °C. Crédits : Meteored / adapté de la NOAA.

Le réchauffement est également particulièrement marqué sous la surface de l’océan. Dans sa dernière mise à jour, la NOAA a relevé à 8 °C la valeur maximale de l’échelle utilisée sur la carte des anomalies de température sous la surface, qui représente les conditions observées dans les 300 premiers mètres de l’océan. Ce changement met en évidence l’ampleur des anomalies observées au sein de cette poche d’eau chaude, qui occupe actuellement une partie du Pacifique équatorial central et oriental.

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Selon la NOAA, les températures sous la surface, supérieures à la normale, se sont renforcées au cours des deux derniers mois dans le Pacifique central et oriental. Cette chaleur accumulée sous la surface est particulièrement importante pour l’évolution d’El Niño, car elle alimentera le réchauffement de la surface au cours des prochains mois. D’ailleurs, le réchauffement du Pacifique pourrait connaître une nouvelle impulsion dans les prochaines semaines.

Une oscillation intrasaisonnière pourrait accentuer le réchauffement

L’oscillation de Madden-Julian (MJO), une variabilité intrasaisonnière de l’atmosphère tropicale qui évolue sur des échelles de temps d’environ 30 à 60 jours, devrait progresser sur le Pacifique occidental, puis sur le Pacifique central. Les prévisions actuelles indiquent une réorganisation de la MJO et sa propagation vers l’est au cours des prochaines semaines, une évolution susceptible d’interagir de manière favorable avec El Niño et de contribuer à son intensification.

Prévision de la propagation de l’oscillation de Madden-Julian (MJO) à travers le Pacifique, représentée par la ligne noire. Crédits : NCICS.
Prévision de la propagation de l’oscillation de Madden-Julian (MJO) à travers le Pacifique, représentée par la ligne noire. Crédits : NCICS.

La MJO est une pulsation convective qui se déplace d’ouest en est et peut provoquer d’importantes variations des vents tropicaux. Lors de son passage sur le Pacifique, l’affaiblissement des vents d’est peut favoriser la formation d’une onde de Kelvin océanique, qui se propage elle aussi vers l’est le long de l’équateur.

Dans sa phase chaude, cette onde est associée à un phénomène de downwelling, c’est-à-dire un mouvement qui approfondit la thermocline et augmente le contenu en chaleur de la couche supérieure de l’océan, réduisant ainsi l’influence des eaux froides qui remontent habituellement vers la surface.

L’onde de Kelvin peut également transporter vers l’est la chaleur accumulée sous la surface, favorisant ainsi le réchauffement du Pacifique central et oriental. Ce mécanisme est particulièrement important dans le contexte actuel, car une grande quantité de chaleur est actuellement stockée sous la surface. Une évolution favorable de la MJO pourrait contribuer à transférer une partie de cette énergie vers la surface.

Avec une anomalie déjà proche de +1,8 °C dans la région Niño 3.4, ce mécanisme pourrait jouer un rôle important et permettre à El Niño de dépasser le seuil de +2 °C au cours des prochaines semaines.