Météo maussade depuis quelques jours : l’été s’annonce-t-il pourri ?

Si les 3 premières semaines de juin se sont avérées estivales, un temps frais et humide prédomine depuis quelques jours dans la plupart des régions. Ainsi, une question se pose : peut-il remettre en cause les prévisions de l’été ?

Et si le ciel n'était pas aussi bleu que prévu cet été ? Après une fin juin maussade, faut-il s'attendre à un changement dans les prévisions ?
Et si le ciel n'était pas aussi bleu que prévu cet été ? Après une fin juin maussade, faut-il s'attendre à un changement dans les prévisions ?

Mais où est donc passé l’anticyclone ? Si les 21 premiers jours de l’été météorologique se sont avérés plus chauds que la normale à l’échelle nationale, la situation est radicalement différente depuis le 22, soit le lendemain du solstice d’été ! En effet, depuis une dizaine de jours, des gouttes froides viennent jouer les trouble-fêtes. Ces petites dépressions peu mobiles avec de l’air froid en altitude déstabilisent la masse d’air et génèrent une instabilité récurrente, se traduisant par des orages fréquents, parfois violents et une fraîcheur marquée, en exceptant néanmoins le sud-est. De quoi remettre en cause la suite de l’été ? Éléments de réponse dans cet article.

Des records de pluie et de fréquents orages en juin

Après deux décades marquées par un temps souvent chaud et ensoleillé, l’excédent de températures atteignant +3°C par rapport aux normales à l’échelle nationale, ces derniers jours se sont avérés bien plus contrastés dans la plupart des régions, avec une exception pour le sud-est. Sur les 8 derniers jours, l’indicateur thermique national est ainsi repassé en dessous des normales avec un déficit proche de -1°C. Associés à ce changement de masses d’air, les orages qui se sont avérés particulièrement nombreux et parfois violents. Entre les tornades, les chutes de grêle impressionnantes, les coulées de boue et les inondations, les dégâts ont été nombreux avec des cellules localisées mais intenses.

Conséquence de cette forte instabilité, ce mois de juin a été très arrosé, en particulier dans une large moitié ouest. La Gironde a été ainsi le département où les pluies ont été les plus copieuses avec un cumul moyen de 144 mm pour une normale de 56 mm tandis que le département des Bouches-du-Rhône a été le plus sec avec un cumul moyen inférieur à 4 mm pour une normale de 27 mm. À l’échelle nationale, le cumul moyen est proche de 100 mm, soit un excédent de près de 50 %. Plusieurs villes telles que Tours, Cherbourg, Rennes ou Villacoublay ont ainsi battu leur record de pluie pour un mois de juin, avec l’équivalent de deux mois de précipitations au cœur de l’automne ou de l’hiver tombé au cours des 30 derniers jours.

Dans ces conditions, la sécheresse continue de reculer, hormis près de la Méditerranée. Ce bilan du mois de juin va donc à l’encontre des tendances saisonnières émises ces derniers mois. Une grande majorité des sources prévoyait alors un trimestre juin-juillet-août "plus chaud et plus sec" que la normale avec un fort risque de situations de sécheresse, d’une part, et de canicule, d’autre part. Avec cette instabilité récurrente et un anticyclone très en retrait, doit-on finalement craindre un été plus maussade que prévu voire même une météo pourrie pour les vacances ?

Vers des vacances d’été très changeantes ?

Selon les derniers scénarios, il ne faut pas s’attendre à l’arrivée de l’été pour le début des vacances. La première décade de juillet sera en effet dominée par des hautes pressions positionnées sur les Açores et donc trop en retrait pour protéger convenablement le pays. On retrouvera alors un dégradé nord-sud avec davantage de nuages et d’humidité dans les régions septentrionales et un temps plus favorable au sud, grâce notamment au vent qui soufflera en Méditerranée. C’est à l’approche de la mi-juillet que la situation pourrait changer avec le retour des hautes pressions, avec à la clé davantage de soleil dans les régions du nord et toujours un temps estival au sud. Sur l’ensemble du mois, les températures seront légèrement supérieures aux normales de saison avec un contraste assez marqué entre la première quinzaine et la seconde.

Après un début d'été quelque peu chamboulé, la fiabilité des tendances à long terme est limitée avec de nombreuses incertitudes

Concernant le mois d’août, les différents scénarios convergent toujours vers un temps plus chaud et plus sec que la normale mais la fiabilité est néanmoins assez limitée, après un début d’été quelque peu chamboulé. Si près de la Méditerranée, la probabilité d’avoir des conditions estivales est forte, ailleurs il n’est pas exclu de connaître un temps de saison, sans d’excès donc au niveau chaleur et avec quelques passages pluvieux. Vous l’avez compris : pas d’été pourri en perspective mais une météo certainement plus nuancée qu’initialement envisagée avec un ressenti ainsi très différent selon votre lieu de vacances et la période à laquelle vous partirez…