Automne-hiver 2026 en France : signal clair envoyé par le modèle européen, "pluies abondantes et fin d’année humide"

La France, terre d'extrêmes climatiques ? Si l'on suit les prévisions à long terme du modèle européen pour l'automne et l'hiver 2026, notre pays pourrait bien se retrouver à nouveau sous des quantités de pluies très importantes.

La sécheresse que connaît la France est historique : plus de deux-tiers du pays en situation de crise, et des sols secs comme jamais, battant les records de 2022 et de 1976. Alors que les conséquences agricoles et économiques seront lourdes, faut-il considérer les prévisions à long terme du modèle européen comme un espoir ? Voici quelques pistes.

Le coup de fouet hydroclimatique

En février dernier, l'indice d'humidité des sols atteignait des niveaux hauts jamais vus en France depuis la création de cet outil de mesure en 1959 : après un automne et un hiver extrêmement pluvieux, plusieurs régions se retrouvaient sous les eaux. Du 13 au 20 février, 174 tronçons de cours d'eau connaissaient des débordements et étaient placés en vigilance jaune, orange ou rouge, dans 83 départements.

Et si la France renouait plus tôt que prévu avec l'humidité ? Selon le modèle européen, les averses et les orages prévus jusqu'à lundi pourraient déverser 15 à 60 litres d'eau au mètre carré par endroits.
Et si la France renouait plus tôt que prévu avec l'humidité ? Selon le modèle européen, les averses et les orages prévus jusqu'à lundi pourraient déverser 15 à 60 litres d'eau au mètre carré par endroits.

En ce 11 août, la sécheresse touche désormais 99 départements, dont 67 en état de crise, après des mois de juin et juillet très secs, une canicule en mai et trois vagues de chaleur depuis la mi-juin (associées à des canicules longues et intenses), la dernière étant toujours en cours. La France a donc basculé d'un extrême climatique à l'autre en seulement quelques mois.

On appelle cela le "coup de fouet hydroclimatique", un phénomène accentué par le réchauffement climatique. On a toujours connu des années sèches et des années pluvieuses, mais ce qui change, c'est la vitesse de bascule. Une atmosphère réchauffée de 1°C est capable d'absorber 7% d'humidité en plus, et selon une étude internationale menée par le climatologue Daniel Swain, ces coups de fouet ont augmenté de 31 à 66% depuis le milieu du 20e siècle.

Octobre à nouveau très humide ?

Les choses pourraient à nouveau très vite basculer. La deuxième quinzaine du mois d'août pourrait déjà être bien différente de la première : selon les dernières projections du modèle européen ECMWF (aussi appelé CEP), l'orientation du flux au Nord-Ouest pourrait apporter de l'humidité sur une bonne partie du pays dans des proportions normales, à l'exception du pourtour méditerranéen.

La fin d'année s'annonce très humide en France et sur une bonne partie de l'Europe, selon les prévisions saisonnières du modèle ECMWF.
La fin d'année s'annonce très humide en France et sur une bonne partie de l'Europe, selon les prévisions saisonnières du modèle ECMWF.

En effet, dans les régions du Sud-Est, des orages, voire des épisodes cévenols ou méditerranéens, pourraient régulièrement s'inviter. Et nous pourrions conserver cette tendance pendant tout le mois de septembre : des précipitations excédentaires près de la Méditerranée, jusqu'à +30%, et des pluies normales (donc bien plus présentes que cet été) ailleurs, où un peu excédentaires à l'Ouest.

Et ces prévisions ne s'arrêtent pas là : les projections à long terme de ce modèle sont sans équivoque pour les mois d'octobre à janvier. Notre pays pourrait se retrouver régulièrement sous l'influence de centres dépressionnaires très creux en provenance de l'Atlantique, avec un jet-stream vigoureux. La douceur serait présente, mais l'humidité aussi, avec un excédent de pluie de 10 à 30% au moins sur tout le pays.

Ce n'est pas tant l'excédent ponctuel qui est problématique, mais plutôt sa durée : avec des pluies abondantes et régulières jusqu'en janvier 2027, notre pays pourrait très vite réentendre les mots "crues" et "inondations". Il va falloir espérer des pauses dans ces passages perturbés, ou alors que ces prévisions se modèrent : pour rappel, elles ne sont fiables, au mieux, qu'à 60%, tout peut donc encore changer, mais le signal est là pour un retournement de situation…