Et si deux planètes géantes avaient disparu du Système solaire ?

Une récente met en avant le fait qu'une ou deux planètes supplémentaires auraient été présentes lors de la formation de notre Système solaire, planètes qui auraient été éjectées depuis.

Le Système solaire primitif aurait pu contenir 9 à 10 planètes au total selon une récente étude scientifique
Le Système solaire primitif aurait pu contenir 9 à 10 planètes au total selon une récente étude scientifique

Selon une récente étude publiée dans la revue Icarus, il est probable que le Système solaire primitif abritait en réalité 1 à 2 planètes supplémentaires. Celles-ci auraient été éjectées depuis mais ont vraisemblablement laissé quelques traces de leur passage.

Deux planètes supplémentaires ?

Si l'ordre et le nom des planètes du Système solaire est aujourd'hui connu de tous, ces corps célestes orbitant autour du Soleil depuis maintenant des milliards d'années, l'histoire de leur formation est bien plus chaotique. En effet, de nombreux événements plus ou moins cataclysmiques se sont produits avant que les 8 planètes de notre Système solaire aient cette organisation.

Depuis plusieurs années, les scientifiques estiment même qu'au moins une cinquième planète géante aurait été bannie durant l'organisation du Système solaire primitif au grès des migrations orbitales. Une récente étude publiée par des scientifiques de la John Hopkins University estime même que deux géantes de glaces supplémentaires orbitaient autour du Soleil il y a plusieurs milliards d'années.

En fait, les planètes géantes situées au-delà de la ceinture d'astéroïde étaient bien plus regroupées il y a 4 milliards d'années. Sous l'effet des importantes forces gravitationnelles, celles-ci se sont mis en mouvement, un épisode aujourd'hui qualifié « d'instabilité globale ». En conséquence, Jupiter a migré vers l'intérieur alors que Saturne, puis Uranus et enfin Neptune ont été repoussées vers l'extérieur du Système solaire.

Jusque là rien de très étonnant, sauf que les modélisations basées sur la configuration actuelle du Système solaire n'expliquent pas la survie des lunes de Jupiter et d'Uranus à un tel réagencement. Les forces gravitationnelles auraient en effet dû les éjecter ou les détruire, mais celles-ci sont toujours là, bien intactes, enfin presque.

Pour tenter de résoudre cette énigme, les scientifiques ont ainsi modélisé 122 scénarios dynamiques différents sur ce réagencement des planètes géantes. Selon les résultats de ces modélisations, la probabilité que l'une des deux planètes conserve ses lunes comme c'est le cas aujourd'hui est inférieure à 15%. Cette probabilité tombe même à seulement 1% pour une survie simultanée des lunes des deux planètes.

Miranda : la clef du mystère ?

D'après ces mêmes modélisations, pour que la survie des lunes soit plausible, il faudrait qu'une ou deux géantes de glace supplémentaires aient été présentes en orbite autour du Soleil dans le Système solaire primitif.

Selon le scénario le plus probable, une planète se serait approchée un peu trop près de Jupiter environ 1 milliards d'années après la formation du Système solaire. Cette proximité avec la géante gazeuse aurait conduit à l'éjection de la géante de glace par effet de fronde gravitationnelle, celle-ci devenant ainsi une planète errante dans l'immensité interstellaire.

Cet événement aurait ainsi agit comme un bouclier d'énergie sur le reste du Système solaire primitif, protégeant les autres planètes et stabilisant leur orbite toute en leur permettant de conserver leurs satellites naturels, même si certains d'entre eux auraient tout de même été bien « secoués » par cet événement.

C'est notamment le cas de Miranda, une lune d'Uranus qui porterait encore les stigmates de cet événement cataclysmique. En effet, celle-ci est connue pour sa géologie et son relief très énigmatiques, cette lune interne semblant avoir été assemblée à la manière de Frankenstein.

Selon les scientifiques, ces particularités seraient consécutives à l'éjection des géantes de glaces dans le Système solaire primitif. Les forces gravitationnelles causées par la présence d'une ou plusieurs planètes supplémentaires puis par leur éjection auraient en effet déformé cette lune, celle-ci ayant même pu se retrouver brisée puis réagglomérée, ce qui expliquerait son aspect si particulier.

Référence de l'article :

Deux planètes géantes auraient disparu du Système solaire et les témoins sont sous nos yeux, Les Numériques (02/06/2026), Brice Haziza

The fragility of the Uranian moons during the giant planet instability, ScienceDirect, Matthew S. Clement a, Nathan A. Kaib b