Insolite : les astronomes se seraient-ils trompés sur la taille de Jupiter ?

La taille de Jupiter serait différente de celle établie jusqu'à aujourd'hui selon de récents calculs. La géante gazeuse serait également plus aplatie que ce que l'on pouvait penser au niveau de ses pôles.

Jupiter est la plus grosse planète de notre Système solaire. Celle-ci pourrait contenir environ 1 300 Terres !
Jupiter est la plus grosse planète de notre Système solaire. Celle-ci pourrait contenir environ 1 300 Terres !

D'après les données recueillies par la sonde Juno, Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire serait finalement plus petite que nous le pensions jusqu'à aujourd'hui.

Jupiter plus petite qu'on ne le pensait ?

Il y a plusieurs méthodes pour mesurer la taille d'une planète. Depuis la Terre il suffit de mesurer la taille angulaire de l'objet tel que nous le voyons dans le ciel puis de calculer sa distance exacte en fonction de sa position sur son orbite. Combiner ces deux mesures permet ensuite de trouver la taille de l'objet en question.

Néanmoins, cette méthode est efficace pour les planètes telluriques, moins pour les planètes gazeuses. C'est pour cela que la taille de Jupiter a été calculée à partir des différentes missions spatiales ayant circulé plus ou moins proche de la géante gazeuse. Celles-ci ont envoyé des ondes radio vers la surface de Jupiter et calculé le temps qu'elles mettaient à revenir, ce qui donnait une estimation précise de sa taille.

Dans une étude parue dans la revue Nature Astronomy, des scientifiques ont analysé 26 mesures plus récentes réalisées par la sonde Juno, une sonde en orbite autour de Jupiter depuis 2016, pour calculer de nouveau le diamètre de la géante gazeuse. Les chercheurs ont notamment fondé leur analyse sur les moments où Juno était masquée par Jupiter et ne pouvait pas envoyer de données vers la Terre.

En calculant le temps passé derrière la planète et la manière dont les ondées étaient perturbées par l'atmosphère de la géante gazeuse, ceux-ci ont obtenu des résultats différents de ceux établis jusqu'à aujourd'hui.

Le rayon de Jupiter au niveau de son équateur n'est ainsi « que » de 71 488km, soit 8 kilomètres de moins que ce qui était connu avec les données précédentes. Les données ont également révélé que les pôles de Jupiter sont bien plus aplatis que ce que l'on pouvait penser avec une différence d'environ 24km.

La différence a-t-elle de l'importance ?

À première vue, cette différence de quelques kilomètres peut sembler largement négligeable vu la taille de Jupiter. La géante gazeuse peut en effet contenir 1 300 fois la Terre et est également 2,5 fois plus massive que la totalité des autres planètes réunies. Néanmoins connaître avec précision la taille de la planète est primordial.

En effet, ces chiffres précis servent à améliorer les modèles qui lui sont appliqués, afin d'améliorer notre compréhension générale de cette planète si particulière. Nous pourrons par exemple en apprendre plus sur le fonctionnement des vents et des tempêtes à la « surface » de la planète, ceux-ci étant encore assez mal connus car résultants de mécanismes très complexes.

Des données précises sur Jupiter permettront également de mieux comprendre le fonctionnement, la formation ou l'évolution des géantes gazeuses, que ce soit dans notre Système solaire mais également au-delà. En effet, Jupiter sert aujourd'hui de référence pour l'ensemble des études s'intéressant aux planètes gazeuses.

Ainsi, même si ces différences peuvent paraître futiles à une échelle aussi grande, elles ont néanmoins toute leur importance pour améliorer notre compréhension de l'Univers qui nous entour. Les planètes gazeuses sont en effet très répandues dans l'Univers et peuvent avoir une grande importance dans un système stellaire. Jupiter protège en effet la Terre d'éventuelles collisions avec des astéroïdes en maintenant la plupart d'entre eux dans la ceinture d'astéroïde.

Référence de l'article :

Une sonde de la Nasa remet en question la taille de Jupiter après 50 ans de certitudes, Futura Sciences (05/02/2026), Hugo Ruher