Des chercheurs ont-ils découvert des traces de vie sur Europe, une des lunes de Jupiter ?
Des traces d'ammoniac ont été détectées à la surface d'Europe, satellite de Jupiter. Celles-ci pourraient bien indiquer la présence de vie sous son épaisse couche de glace.

Piégé sous une épaisse couche de glace, le satellite de Jupiter Europe pourrait bien renfermer un océan salé réunissant plusieurs ingrédients essentiels à l'apparition de la vie. Une récente découverte vient d'ailleurs renforcer cette théorie.
Europe : une bonne candidate pour la vie extraterrestre ?
La recherche de la vie en dehors de notre planète est une quette primordiale pour de nombreux chercheurs. Si des mondes situés dans de lointains systèmes stellaires peuvent paraître prometteurs, certains le sont également dans notre propre Système solaire.
C'est le cas d'Europe, un des satellites naturels de la géante gazeuse Jupiter. Si cette lune semble peu attractive en raison de l'épaisse couche de glace présente à sa surface, de nombreux indices laissent aujourd'hui penser qu'un océan d'eau liquide, plus vaste encore que ceux présents sur Terre, se cacherait sous sa croûte glacée. Celui-ci pourrait réunir les conditions favorables au développement de la vie.
Ces éléments semblent réunis sur Europe. La couche de glace (entre 10 et 30km d'épaisseur) serait en effet un bouclier efficace contre les radiations, l'océan vraisemblablement présent sous sa surface contiendrait de l'eau salée d'après le champ magnétique détecté autour de la lune et sa proximité avec Jupiter provoquerait un effet de marée déformant sa croûte, ce qui pourrait induire une activité hydrothermale au fond de l'océan caché.
De l'ammoniac à la surface d'Europe ?
Des chercheurs ont récemment mis en évidence la présence de composés ammoniacaux au niveau de longues fractures présentes à la surface d'Europe, là où une activité cryovolcanique est suspectée (d'imposants panaches d'eau projetés à la surface du satellite) en analysant les données recueillies par la sonde Galileo entre 1995 et 2003. Or, l'ammoniac présente un grand intérêt en astrobiologie.
Cette molécule est composée d'azote et d'hydrogène. L'azote est indispensable à la formation de l'ADN sur Terre, tout comme des acides aminés et des protéines. Cette molécule joue ainsi un rôle clef dans la chimie du vivant et est souvent un produit de réactions bactériennes.
New analysis of old data has turned up a significant result: the first discovery of ammonia-bearing compounds on the surface of Jupiters moon Europa. Ammonia contains nitrogen, one key to life as we know it. Our Europa Clipper mission will follow up! https://t.co/2xeUGyvNLT pic.twitter.com/XMORXiBeVa
— NASA Solar System (@NASASolarSystem) January 29, 2026
Trouver de l'ammoniac à la surface d'un monde extraterrestre où les conditions seraient réunies pour l'apparition de la vie est donc loin d'être anodin. Cet ammoniac pourrait ainsi signaler la présence d'une activité bactérienne au sein de l'océan présent sous la couche de glace d'Europe. Celui-ci, formé en profondeur, aurait été éjecté par le cryovolcanisme vers la surface, ce qui nous aurait permis de le détecter.
Néanmoins, il convient de rester prudents quant à ces hypothèse. Si l'ammoniac peut être un marqueur du vivant, il peut également être produit lors de processus indépendants de la vie. En détecter ne veut pas dire que la vie est effectivement présente sous la croûte de glace d'Europe, seulement cet indice s'ajoute à ceux précédemment évoqués quant à la présence possible d'une forme de vie sur ce satellite de Jupiter.
La mission Europa Clipper, qui devrait s'approcher d'Europe en 2030 afin de l'étudier plus en détail saura peut-être nous apporter quelques réponses aux hypothèses exposées précédemment. En effet, celle-ci a notamment pour but de détecter si un océan est effectivement présent ou non sous la surface du satellite de Jupiter et possiblement d'identifier d'autres indices indirects de la présence d'une vie dans celui-ci.
Référence de l'article :
Cette découverte sur une lune de Jupiter relance une question vertigineuse : et si la vie était déjà là ?, Futura-Sciences (06/02/2026), Morgane Gillard