Changement climatique : à quoi ressembleront les forêts françaises de demain ?
Le réchauffement climatique est là et les forêts en ressentent aussi les effets. Certains pépiniéristes l'ont bien compris et s'attèlent déjà à produire des arbres plus résistants au changement climatique. L'objectif ? Anticiper les forêts de demain, plus résilientes et durables.

Chênes, pins, tilleuls... voici les noms de certains arbres valorisés pour leur résistance au changement climatique. Car il va falloir faire face : sécheresses estivales, hivers trop doux, vents violents, sans compter les risques croissants de maladies et parasites venus d’ailleurs.
« Au-delà du changement climatique, ce qui m’inquiète le plus, c’est l’arrivée, avec la mondialisation, de maladies et d’insectes exotiques. Je pense à Xylella Fastidiosa qui assèche les oliviers ou aux scolytes qui dévorent les pins », s'inquiète Samuel Lemonnier, pépiniériste installé dans l'Orne, interrogé par nos confrères de Ouest-France.
Anticiper pour mieux protéger la nature
Ce sont plusieurs millions de plants forestiers et de haies qui sont produits par an par le pépiniériste qui a compris l'importance de valoriser des espèces plus adaptables et plaide pour un retour aux essences locales comme le chêne du Bessin. « Il n’y a pas de recette toute faite. Il faut rester prudent. On teste certaines essences, on diversifie les plantations, on ouvre des pistes pour après-demain. »
L'Office nationale des forêts (ONF) expérimente de son côté des « îlots d’avenir », soit de toutes petites parcelles de 0,5 à 2 hectares, dotés d'une seule essence, afin d'observer la capacité d’adaptation des plants à leur milieu climatique.
L'Office national de la forêt (ONF) tente le sauvetage du siècle ️
— GEO (@GEOfr) March 30, 2025
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Selon Brigitte Musch, responsable du Conservatoire génétique des arbres forestiers (CGAF) à l’ONF, « la forte vulnérabilité climatique des espèces et l’importante surface forestière concernée, pousse à trouver des espèces et des provenances plus résistantes. »
La forêt domaniale de Haye en Meurthe-et-Moselle est l’une des premières forêts où ont été installés des îlots d’avenir en France. Le hêtre et le chêne pédonculé, trop sensibles à la hausse des températures, ont été remplacés par trois essences différentes : le chêne pubescent, le sapin de Turquie et le Calocèdre.
Le début des plantations a eu lieu en mars 2017. Comme l'explique l'ONF, 1 110 plants ont été introduits au total. Dans le Grand Est, les campagnes de plantation se sont poursuivi jusqu’en 2022 avec 75 îlots de deux hectares, au sein desquels ont été introduits 300 000 plants. Leur suivi sera effectué par les gestionnaires locaux et les données seront collectées pour analyse.
Références de l'article :
Ouest-France, Cette pépinière normande produit des arbres résistants au changement climatique pour les forêts de demain