15 000 satellites en orbite : pourquoi la constellation SpaceX est de plus en plus inquiétante ?

Le problème du nombre de satellites en orbite basse autour de la Terre est de plus en plus important, notamment depuis que SpaceX a été autorisée à doubler sa flotte dans les prochaines années.

Une seule collision de satellites pourrait entraîner une réaction en chaîne incontrôlable avec des conséquences potentiellement catastrophiques
Une seule collision de satellites pourrait entraîner une réaction en chaîne incontrôlable avec des conséquences potentiellement catastrophiques

L'entreprise SpaceX a récemment été autorisée à doubler le nombre de ses satellites de deuxième génération en orbite autour de la Terre, une décision qui soulève de nouveau le problème de congestion spatiale et le risque de collisions entre satellites.

15 000 satellites SpaceX

La semaine dernière, le régulateur des télécommunications américain a accordé à SpaceX la mise en orbite de 7 500 satellites Starling Gen2 supplémentaires, augmentant le plafond autorisé à 15 000 unités.

La constellation de satellites SpaceX, qui compte déjà quelques 9 400 appareils actifs, devrait donc continuer de s'étendre dans les prochaines années et affirmer sa dominance sur l'orbite terrestre basse. Aujourd'hui, SpaceX regroupe en effet déjà deux tiers de l'ensemble des satellites opérationnels à cette altitude.

Le régulateur des télécommunications américain a également accordé à SpaceX le droit d'exploiter cinq bandes de fréquentes distinctes et levé les restrictions qui bridant la couverture réseau de l'entreprise. La seule contrainte sera au niveau du calendrier, la moitié des satellites devant être envoyés en orbite d'ici la fin d'année 2028, le reste avant 2031.

Toutefois, cette dominance orbitale suscite de plus en plus de tensions diplomatiques, notamment avec la Chine qui a récemment évoqué le problème au Conseil de sécurité de l'ONU. En effet, l'espace orbital est dépourvu de juridiction claire et est considéré comme un bien commun de l'humanité, mais il semble aujourd'hui nécessaire d'instaurer certaines limites à l'expansion des constellations de satellites telles que celles de SpaceX.

Des risques toujours plus accrus

Si la revendication de la Chine avait certainement un but économique, celle-ci a également le mérite de soulever un point important : les satellites en orbite basse deviennent bien trop nombreux. Or, l’augmentation de leur nombre n'est pas sans conséquence, puisque cette situation accentue le risque de collisions.

Une seule rencontre entre les milliers de satellites tournant chaque jour autour de la Terre pourrait pourtant avoir de très lourdes conséquences. Un scénario de syndrome de Kessler est en effet de plus en plus redouté par les scientifiques, à savoir une simple collision entraînant des débris, qui entraîneraient d'autres collisions et ainsi de suite de façon exponentielle. Au delà d'un certain seuil, ce scénario rendrait quasiment impossible l'exploration spatiale et même l'utilisation des satellites pour plusieurs générations.

Les signes avant-coureurs sont pourtant déjà visibles. En décembre dernier, le satellite Starlink 35956 a connu une défaillance soudaine à 418km d'altitude, entraînant une multitude de débris traçables.

Quelques jours plus tôt, un autre satellite Starlink était passé tout proche d'une collision avec un satellite chinois, les deux se croisant à seulement 200m l'un de l'autre, mettant en évidence les risques majeurs liés au manque de coordination entre opérateurs de satellites de pays différents.

Entre décembre 2024 et mai 2025, les satellites Starlink ont également effectué 144 404 manœuvres d'évitement de collision, une hausse de 200% sur seulement six mois. Pourtant, le nombre de satellites en orbite basse ne cesse d'augmenter et les initiatives prises pour limiter le risque de collision restent trop peu nombreuses, du moins à grande échelle.

L'entreprise SpaceX a par exemple décidé de faire migrer 4 400 satellites de 550 à 480 kilomètres d'altitude en 2026 afin de limiter les risques de collision. Sous le seuil des 500 kilomètres, la densité de débris diminue en effet drastiquement et l'atmosphère résiduelle accélère la chute des engins défaillants vers la surface de la Terre. Toutefois, cette décision est-elle vraiment suffisante sachant que l'entreprise lancera 2 à 3 fois plus de satellites en orbite basse dans les 5 prochaines années ?

Référence de l'article :

SpaceX autorisé à déployer 15 000 satellites : l'orbite terrestre au bord de la saturation, Les Numériques (13/01/2026), Aymeric Geoffre-Rouland