Sécheresse : recrudescence d'incendies ces derniers jours

Les feux de végétation se succèdent ces derniers jours sur le sud de la France, à la faveur de conditions météorologiques propices, du fait de la sécheresse notamment.

Clément Meirone Clément Meirone 17 Juil 2019 - 04:00 UTC
feux de forêts
Pour l'instant relativement contenus, la période des feux de forêts ne fait que commencer...

Lundi, près de 2.500 vacanciers de la station balnéaire d’Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, ont dû être évacués en raison d’un feu de végétation à proximité de campings. Le même jour, 300 hectares de pins et de garrigue ont brûlé dans l’Aude, sur la commune de Fabrezan. D’autres incendies se sont déclarés hier mardi dans ce même département, dans les alentours de Trèbes, où 300 personnes ont de nouveau été priées de quitter temporairement leur domicile ou leur camping.

Ces feux de végétation ne se cantonnent pas au Roussillon, d'autres secteurs comme le Gard et les Landes ont vu des départs de feu ces deniers jours, heureusement maîtrisés à temps par les Sapeurs-Pompiers.

Comment expliquer cette recrudescence d’incendies ? La météo est-elle en cause ? Et à l’avenir, faut-il s’attendre à de plus en plus de feux de végétation du fait du changement climatique ?

Sécheresse, chaleur et vent : un cocktail explosif

Un incendie n’est pas le fruit du hasard. Pour qu’il se déclenche, trois éléments sont indispensables : un combustible (ce qui brûle), un comburant (ce qui fait brûler), et une source d’activation.

Il n’a échappé à personne que des conditions estivales touchent le pays depuis maintenant plusieurs semaines. La sécheresse se propage à une grande partie du territoire, et de nombreux départements sont concernés par des arrêtés de restriction des usages de l’eau. Sur les départements méditerranéens, la sécheresse de la partie superficielle du sol est très importante.

Ces conditions chaudes et sèches sont propices aux incendies car elles privent la végétation d’eau. Les feuilles sont alors un combustible idéal, et la moindre énergie d’activation peut entraîner un départ de feu.

Le vent est un élément qui accentue considérablement le risque. Lundi, lorsque les incendies ont pris entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales, le vent soufflait jusqu’à 70km/h. En effet, l’air est un comburant de choix, et le vent accélère la propagation de l’incendie.

Enfin, il ne faut toutefois pas oublier que ces incendies sont rarement d’origine naturelle. Dans 9 cas sur 10, la source d’activation est humaine (mégots, voitures, travaux, etc.).

les baux © clément meirone
Les régions méditerranéennes seront à l'avenir exposées à un risque encore plus important de feux de forêts.

A l’avenir, des feux de végétation plus fréquents ?

Si la sécheresse ne se résorbe pas rapidement, la suite de cet été 2019 risque de s’avérer problématique avec un risque accru d’incendies. Mais qu’en sera-t-il dans quelques années, avec l’impact du changement climatique ?

Les chercheurs de Météo-France ont travaillé sur cette question avec le calcul d’un indice, l'indice forêt météo (IFM). Calculé à partir de paramètres météorologiques de base (températures, précipitations, humidité), il permet d’estimer la probabilité d’éclosion et de propagation des feux de forêts.

A partir des modèles climatiques, les chercheurs ont montré que cet indice devrait progresser de 30% en moyenne d’ici à 2040, par rapport à la période 1960-2000. Ce chiffre devrait monter à 75% d’ici à 2060. Les régions méditerranéennes sont particulièrement concernées, mais ce risque devrait également remonter jusque vers les régions centrales. Les feux de forêts représentent donc un enjeu majeur de gestion ces prochaines années.

Publicité