Pourquoi les moustiques sont-ils toujours aussi nombreux malgré le manque de pluie ?

Malgré une sécheresse toujours marquée en France, les moustiques tigres restent particulièrement présents en cette fin septembre. Les quelques pluies observées ces dernières semaines, combinées à des températures encore élevées, ont favorisé de nouvelles éclosions dans plusieurs régions.

Les moustiques prolifèrent encore dans de nombreuses régions en cette fin septembre, et ce malgré le temps très sec de ces dernières semaines
Les moustiques prolifèrent encore dans de nombreuses régions en cette fin septembre, et ce malgré le temps très sec de ces dernières semaines

Les moustiques continuent de faire sentir leur présence en cette fin septembre dans de nombreuses régions françaises, et ce malgré le manque d'eau croissant de ces dernières semaines et de ces derniers mois.

La sécheresse diminue-t-elle le nombre de moustiques ?

Les larves de moustiques sont aquatiques, ce qui veut dire qu'elles ont besoin d'eau pour se développer et aboutir à ce fameux insecte nuisible perturbant tous nos étés. Néanmoins, la France a connu son deuxième été le plus sec depuis 1959 avec un déficit de précipitations de 40% à l'échelle du pays, une sécheresse qui perdure d'ailleurs en ce mois de septembre avec des précipitations restant largement déficitaires.

L'équation paraît donc assez simple : moins d'eau, moins de moustiques. Si ce constat s'est avéré véridique au début et au cœur de l'été selon les professionnels de la démoustication avec une diminution localement importante des populations de moustiques tigres dans certaines régions, nous observons depuis plusieurs semaines une nouvelle prolifération de celui-ci.

L'explication est elle aussi assez simple. Le moustique tigre sait comment affronter ce type de période sèche. En effet, la femelle ne pond généralement pas ses œufs directement dans l'eau mais les dépose au contraire sur des parois de récipients pouvant en contenir, juste au-dessus du niveau de l'eau.

Or, ses œufs sont capables de supporter de longues périodes de sécheresse de plusieurs semaines et même plusieurs mois comme celle que connaît la France depuis le printemps dernier. Dès lors que la pluie fait son retour et que le niveau de l'eau remonte dans le récipient dans lequel ils se trouvent, ceux-ci se retrouvent alors immergés et peuvent éclore.

Le moustique tigre n'a de plus pas besoin d'importantes quantités d'eau pour se reproduire, une petite eau stagnante dans une coupelle de pots de fleurs, un pied de parasol, une gouttière bouchée ou un récupérateur d'eau peut suffire à produire de nombreux moustiques tigres sur une courte période, c'est pour cela qu'il est important de régulièrement vérifier ses extérieurs et de supprimer toute source d'eau stagnante afin d'éviter leur prolifération.

Une situation propice ces dernières semaines

Une période sèche durable ne signifie donc pas qu'une population de moustique tigre disparaîtra, seulement que son cycle de reproduction sera ralenti et que celui-ci pourra reprendre dès le retour de la pluie, même si celle-ci reste peu abondante.

C'est exactement ce qu'il s'est passé sur de nombreuses régions à la fin de l'été avec le passage de quelques perturbations apportant des pluies plus ou moins fréquentes en fonction des régions, une situation qui n'a pas permis d'atténuer la sécheresse intense que subit notre pays depuis plusieurs mois mais qui a offert des conditions favorables à l'éclosion de nombreux œufs de moustiques déjà présents dans l'environnement.

Ce fut par exemple le cas dans le département de la Charente-Maritime, où le service départemental de démoustication signalait un pic saisonnier d'activité du moustique tigre à la mi-septembre à la suite des quelques pluies observées à la fin de l'été.

Une situation qui s'est également produite dans d'autres régions comme près de la Méditerranée où les orages de la fin du mois d'août ont offert les conditions idéales pour une augmentation soudaine du nombre de moustiques.

De plus, il est important de noter que les températures ont aussi leur rôle à jouer. Le moustique étant un animal à sang froid, son développement dépend directement de la température extérieur. Chez le moustique tigre, le développement des larves et de la nymphe jusqu'à leur forme adulte dure en moyenne 7 à 28 jours entre 12 et 32°C et ce développement est plus rapide lorsque les températures sont élevées.

En ce mois de septembre 2026, les températures se montrent de nouveau régulièrement supérieures aux normales de la période sur la France, notamment sur le sud du pays où le ressenti reste très estival malgré le début de l'automne calendaire. Ainsi, les conditions se montrent particulièrement favorables à la prolifération des moustiques sur ces régions suite aux quelques pluies de la fin de l'été et à la chaleur régulière et parfois forte de ce mois de septembre.

Avec des températures qui restent douces et parfois estivales, les moustiques pourraient donc continuer à nous accompagner durant encore plusieurs semaines. Si les premiers épisodes de fraîcheur finiront progressivement par réduire leur activité, le retour de conditions plus humides pourrait provoquer de nouvelles éclosions localement. Le début de l’automne ne signifie donc pas forcément la fin des piqûres, notamment dans les régions du sud de la France.

Référence de l'article

Notre-Planète. (2026). Moustiques : pourquoi ils prolifèrent malgré la sécheresse.