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Océans : la France s'oppose à l'exploitation minière des fonds marins

A l'occasion de la COP27, et alors que d'intenses discussions ont lieu sur l'exploitation minière des fonds marins, la France s'est positionnée en faveur de l'interdiction totale des extractions minières dans les fonds marins.

fonds marins
La France annonce son opposition à l'exploitation minière des fonds marins.


Le sujet est doublement revenu à la table des discussions ces derniers jours. Alors que la COP27 se tenait en Egypte, l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) tenait également sa troisième réunion de l'année vendredi dernier à Kingston en Jamaïque. Au programme, l'épineuse question de l'exploitation minière des fonds marins et un désaccord toujours important entre les 169 États-membres qui composent cette autorité internationale.

En déplacement à Charm el-Cheikh, en Égypte, le président Emmanuel Macron s'est rangé du côté des États en faveur de l'interdiction de cette pratique. Une victoire pour les écologistes, les associations environnementales et surtout les fonds marins. Explications.

La France pour l'interdiction totale d'exploitation

L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) est l'instance des Nations Unies chargée des activités relatives aux ressources minérales des fonds marins dans les zones internationales, hors des limites de la juridiction nationale. Jusqu'alors, l'exploitation des ressources minières dans ces zones n’a pas officiellement démarré, faute de code minier.

Le but de l'AIFM est précisément de créer les règlements adéquats et de prélever des redevances sur les licences qu’il délivre afin de financer son fonctionnement. Toutefois, de plus en plus de voix s'élèvent au sein même de l'AIFM pour renoncer à la création d'un code minier permettant l'exploitation des fonds marins.

Des études scientifiques préliminaires montrent que toute exploitation du fond marin entraînerait des dégâts irréversibles sur des écosystèmes déjà particulièrement rares et fragiles, ainsi que des conséquences désastreuses sur le climat.

Conscient de ces enjeux, Emmanuel Macron a, devant les chefs d’État réunis à l’occasion de la COP27, plaidé pour une interdiction totale des extractions minières dans les fonds marins. "J’assume cette position et la porterai dans les enceintes internationales", a déclaré le président.

Des métaux très convoités...

Et cette déclaration d'opposition sur l'exploitation des eaux internationales vaut également pour les eaux françaises. Le député de Polynésie française, Moetai Brotherson, a posé la question au gouvernement à l’Assemblée nationale le 15 novembre. Le secrétaire d'État chargé de la mer, Hervé Berville, l'a confirmé.

Cette prise de position du président de la République réjouit les associations environnementales car elle est plutôt inattendue. Le plan "France Relance 2030" prévoyait en effet des financements pour "l’exploration de l’espace et des fonds marins". Ce positionnement n'est pas anodin car la Zone Economique Exclusive (ZEE) française est le deuxième espace maritime mondial.

L'exploitation minière des fonds marins intéresse les industriels notamment pour la recherche de métaux rares, comme ceux utilisés dans les batteries de véhicules électriques et les éoliennes. Un paradoxe dans le cadre de la transition énergétique !

D'autant que très peu explorés jusqu'à maintenant, le rôle des fonds marins est encore relativement incertain pour la communauté scientifique. Faute de plus de données, l’exploitation minière se ferait donc fait "à l'aveugle", sans que l'on soit capable d'évaluer l’ampleur des dégâts.