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La sécheresse de cette année est-elle pire que celle de 1976 ?

Dans les esprits, la sécheresse de 1976 reste la pire jamais enregistrée en France. Mais la situation que nous connaissons cette année semble s'en rapprocher fortement. 2022 est-il sur le point de supplanter 1976 ?

maïs séché
Peut-on vraiment comparer la sécheresse de 2022 à celle de 1976 ?

Feux de forêt, rupture d'alimentation en eau potable, arrêt de la navigation sur les principaux canaux... La France connaît une sécheresse historique cet été, avec une quasi-totale absence de précipitations durant le mois de juillet. Presque tous les départements français connaissent des restrictions des usages de l'eau et la Première ministre a activé la cellule interministérielle de crise.

Cette sécheresse n'est toutefois pas la première que connait la France. En 2003, avec l'importante canicule du mois d'août, la situation avait été particulièrement tendue à la fin de l'été. Mais la situation de 2022, avec un manque d'eau précoce, fait plutôt penser à la grande sécheresse de 1976. Dans les esprits, elle demeure comme la pire sécheresse connue en France. Alors peut-on vraiment comparer 2022 à 1976 ? Éléments de réponse.

De fortes similitudes côté météo

Les similitudes doivent être recherchées dès les automnes et hivers des années précédentes. Et en effet, en 1975 comme en 2021, l'automne et l'hiver se sont révélés particulièrement avares en précipitations, avec une recharge hivernale limitée.

Comme le premier semestre 2022, le premier semestre 1976 a été marqué par la persistance de hautes pressions, avec un temps sec et bien ensoleillé. Les précipitations étaient presque deux fois inférieures aux normales de saison en mars et en avril 1976. Le printemps 1976 est la deuxième printemps le plus sec enregistré en France, après 1959.

À la fin du printemps, la chaleur s'est rapidement installée en 1976 comme en 2022. Les températures atteignaient déjà les 30°C dans le sud-ouest en mai 1976 et les fortes chaleurs se sont encore accentuées en juin. Situation comparable en 2022, avec la canicule la plus précoce jamais enregistrée à la mi-juin.

Dès le 30 juin 1976, le président Valéry Giscard d'Estaing parle de "calamité nationale" et un "impôt sécheresse" exceptionnel est créé. Le mois de juillet 1976 est un peu plus arrosé, mais la suite de l'été reste particulièrement sec. La situation ne s'est améliorée qu'en automne, plus particulièrement en octobre.

Une sécheresse des sols déjà pire qu'en 1976

Les conséquences de la sécheresse en 1976 ont marqué toute une génération. L'agriculture française avait particulièrement souffert : récolte de blé en berne, manque de fourrage, et prix des fruits et légumes en forte hausse. L'armée est même sollicitée pour aider les agriculteurs, notamment pour le transport de fourrage vers les régions qui en manquaient le plus.

Les images de fleuves et rivières qui pouvaient être traversés à pied restent également en mémoire. En 2022, la gestion de l'eau est sans doute rigoureuse qu'en 1976, ce qui explique peut-être l'absence d'assecs trop généralisés. Toutefois, comme en 1976, le niveau des fleuves et rivières est par endroits très bas, et les bancs de sable se font de plus en plus visibles.

Selon Météo-France, la sécheresse des sols en ce début août est déjà "pire qu'en 1976". Pour pouvoir comparer entièrement 2022 à 1976, il faudra toutefois attendre le mois de septembre, voire le mois d'octobre.

Si la situation se débloque durant la deuxième quinzaine d'août, les dégâts seront peut-être limités pour l'agriculture. Dans le cas contraire (option la plus probable à la vue des prévisions météo à long terme), l'année 2022 pourrait bien être aussi mémorable, voire plus, que 1976.