Insolite : comment des coquilles Saint-Jacques pourraient-elles remplacer le ciment de nos routes ?

Un chantier plutôt insolite est en cours sur une route du Calvados. Celle-ci est en effet construite à partir de coquilles Saint-Jacques recyclées, une technique qui pourrait bien avoir un avenir prometteur.
Des tonnes de coquilles
La RD43 entre Soumont-Saint-Quentin et Estrées-la-Campagne dans le Calvados est devenue le théâtre d'une expérimentation atypique et même inédite sur le sol français. En effet, cette route en travaux depuis la fin du mois de mai est aujourd'hui construite avec de la poudre de coquilles Saint-Jacques.
Cette utilisation a en effet plusieurs avantages. D'une part, celle-ci contribue à la réduction de l'empreindre carbone des routes tout en utilisant une ressource locale, la Normandie étant de loin le premier bassin de pêche français de coquilles Saint-Jacques et l'un des plus importants d'Europe.
D'autre part, cette nouvelle méthode de construction de route est économique. La poudre de coquilles Saint-Jacques nécessitant bien moins d'aller-retour de camions que les techniques traditionnelles.
Une première nationale : en Normandie, une route est refaite avec un ciment à base de coquilles Saint-Jacques https://t.co/FOzuw1NOHX
— Vincent Lanon (@vlanon) June 13, 2026
Avant de finir sur les routes normandes, les coquilles Saint-Jacques sont d'abord collectées dans une usine du Bessin avant d'être nettoyées, chauffées et broyées pour au final obtenir une poudre utilisable pour la voirie. À terme, l'usine vise d'ailleurs une production de plus de 30 000 tonnes de poudre de coquilles Saint-Jacques chaque année.
Un projet restant expérimental
Concrètement, la poudre de coquilles est un durcisseur naturel. Celle-ci a la particularité d'être quasiment composée à 100% de carbonate de calcium pur, un élément habituel que l'on retrouve dans le ciment. Ainsi, utiliser des coquilles Saint-Jacques pour la construction de route décarbone l'entretien routier comme évoqué précédemment.
Pour le moment, la totalité des coquilles utilisées proviennent de la région de Normandie, mais l’entreprise à l'origine de cette innovation entend bien étendre les importations à d'autres régions françaises. Un système de ramassage plus étendu est en train d'être réfléchi avec des coquilles provenant cette fois-ci des Hauts-de-France et de la Bretagne, ce qui permettrait d'augmenter nettement la capacité de production si les résultats sont encourageants.
Cette technologie doit en effet faire ses preuves. Le chantier de la RD43 reste expérimental et même si les premiers résultats pourront être visibles dans seulement quelques semaines, il sera nécessaire d'attendre environ trois ans pour évaluer le comportement du revêtement et mesurer les bénéfices réels des coquilles Saint-Jacques avant d'envisager un déploiement plus large.
Le Calvados, qui a financé une partie de ce projet à hauteur de 615 000 euros, se veut toutefois optimiste et espère multiplier ce type de projet qui s'inscrit dans la stratégie bas carbone du département. Qui sait ? Peut-être que bon nombre de nos routes seront construites à partir de coquilles recyclées à l'avenir ?
Référence de l'article :
Les coquilles Saint-Jacques pourraient-elles remplacer le ciment sur les routes françaises ?, FranceInfo, 12/06/2026