Faut-il croire à l'avion hybride pour réduire les émissions de CO2 du secteur du transport aérien ?

Et si nos objectifs de réduction des émissions de CO2 passaient aussi par une remise en question du secteur du transport aérien ? C'est le pari pris par Rolls-Royce, qui tente de lancer un futur avion hybride : faut-il y croire ?

Aujourd'hui, l'aviation est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne (photo d'illustration).
Aujourd'hui, l'aviation est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne (photo d'illustration).

Vous connaissez la voiture hybride ? La première, la Toyota Prius, a été commercialisée au Japon dès 1997. Depuis, les véhicules hybrides, disposant d'un moteur électrique et d'un moteur thermique, se sont multipliés comme des petits pains. Et si le prochain véhicule hybride était un avion ? C'est le projet fou lancé par Rolls-Royce, en partenariat avec l'agence norvégienne Sintef.

Réduire de 30% les émissions de CO2 en vol

Ce partenariat entre le constructeur automobile britannique Rolls-Royce et l'agence de recherche norvégienne Sintef a été annoncé le 15 février dernier : si le projet n'en est qu'à ses balbutiements, il pourrait vite aboutir à la construction d'un engin aéronautique à moteurs hybrides.

Actuellement, le transport aérien est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne. Ce nouveau type d'avion permettrait de réduire les émissions de CO2 en vol de 30%, notamment pour un vol intérieur : ainsi, le pourcentage total des émissions de gaz à effet de serre de l'aviation pourrait tomber à 3% dans l'UE, selon Sintef.

Pour que cet avion vole, il va falloir travailler sur l'isolation électrique du stator, la partie fixe qui entraîne le mouvement du rotor dans le moteur. Les équipes de recherche de Sintef donnent tout pour y arriver, alors qu'une isolation parfaite est nécessaire pour éviter que le stator ne soit soumis à de hauts voltages en altitude. Il s'agit d'éviter les courts-circuits et les dommages sur l'avion.

L'avion le plus léger possible

Mais il y a comme un hic : aucun isolant n'a encore jamais été construit pour des appareils aéronautiques hybrides ! Et pour cause : aucun standard n'existe dans l'industrie pour calculer la durée de vie des composants à de si hauts voltages et de si hautes fréquences, selon une ingénieure en recherche et développement chez Sintef.

Alors que des chiffres sur la résistance à 1 kilohertz existent, ce projet met en jeu une résistance de 50 kilohertz ! Avant d'aller plus loin, Sintef et Rolls-Royce se penchent d'abord sur les effets de la mise en circulation d'avions hybrides sur des petits courriers, principalement en raison du poids des batteries des moteurs électriques, bien plus lourdes que celles des moteurs à essence.

Plus le vol est long, plus l'avion doit supporter d'énergie : c'est pour cela qu'avant de pouvoir construire un avion hybride et de le faire voler en phase de test, il faudra le rendre le plus léger possible afin d'économiser de l'énergie.

Ce projet n'est pas le seul à être prometteur : en janvier dernier, GE Aerospace a réussi une phase de tests sur des turboréacteurs pouvant générer de l'électricité en tournant. Et si les avions hybrides arrivaient sur le marché plus vite que prévu ?

Références de l'article :

GEO. Rolls-Royce travaille sur un avion hybride qui réduirait de 30% les émissions de CO2 des vols.

Sintef. A solution that could reduce aviation emissions by up to 30 percent.