Après les pluies durables et les crues en France, les nappes phréatiques sont-elles désormais bien remplies ?
Alors que de nombreuses régions battent des records de pluie depuis le 1er janvier et que la France vient de vivre une série inédite de jours consécutifs de précipitations, où en sont les nappes phréatiques selon le bilan du BRGM ?

38 jours de pluie consécutifs à l'échelle du pays, un record depuis le début des mesures en 1959, et des sols humides comme jamais : depuis la mi-janvier, la France connaît une situation météo exceptionnellement humide. Quel a été l'impact de ce temps particulièrement pluvieux sur la recharge des nappes phréatiques ? Le BRGM vient de publier son bilan au 15 février.
47% des nappes au-dessus des normales
Selon le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), la recharge des nappes phréatiques est très active cet hiver, avec 77% des niveaux en hausse au 15 février 2026. Sur les nappes inertielles du couloir Rhône-Saône, de l'Ouest de l'Artois et du pourtour du Bassin parisien, la recharge reprend. Elle reprend de manière plus conséquente sur toutes les nappes réactives.
𝗘́𝘁𝗮𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗻𝗮𝗽𝗽𝗲𝘀 𝗱𝗲𝗮𝘂 𝘀𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗮𝘂 𝟭𝟱 𝗳𝗲́𝘃𝗿𝗶𝗲𝗿
— Mystere Météo (@MystereMeteo) February 19, 2026
Que retenir ? 77% des niveaux en hausse mais pluies parfois peu efficaces pour alimentation durable ; remontée lente des nappes à forte inertie où niveaux sont stables ou en légère baisse pic.twitter.com/iayta6zT1a
En revanche, pour les nappes très inertielles de l'Est de l'Artois et du centre du Bassin parisien, les niveaux restent stables ou en baisse, les tendances s'inversant très lentement dans ces zones. La situation globale s'améliore néanmoins avec 47% des points d'observation au-dessus des normales mensuelles.
Néanmoins, les pluies n'ont pas toujours été très efficaces pour les nappes : ainsi, dans le Nord-Est et le Jura, elles ont d'abord permis d'humidifier les sols après trois mois de sécheresse, avant plus tard de s'infiltrer en profondeur. Les pluies soutenues que nous avons connues ont souvent saturé les sols, favorisant le ruissellement plutôt que l'infiltration.
Au sein des nappes inertielles (qui réagissent lentement), seul le Nord de la Champagne connaît encore des niveaux bas à très bas. Concernant les nappes réactives, elles sont excédentaires pour la moitié Sud de la France, en Corse, et sur l'Ouest et le Sud du Massif armoricain. Du Nord du Massif armoricain au Jura, les niveaux des nappes sont proches des normales ou modérément bas.
Des prévisions optimistes ou pas pour l'été ?
Si les prévisions du BRGM pour le début du printemps sont plutôt favorables pour les nappes inertielles, des incertitudes subsistant quant à la fin de la période de recharge, ce qui rend les prévisions moins aisées pour l'été 2026.
Avec ces pluies exceptionnelles, on pourrait penser que les nappes phréatiques vont se remplir et que lon sera à labri de la sécheresse cet été. Ce nest hélas pas aussi simple. pic.twitter.com/ph2I9QZJvS
— franceinfo (@franceinfo) February 19, 2026
Pour les nappes réactives précitées affichant des niveaux au-dessus des normales mensuelles (moitié Sud, Corse et Massif armoricain), les prévisions saisonnières sont optimistes, mais plus incertaines à long terme. Tout dépendra en effet des pluies du printemps, essentielles pour conserver un excédent le plus tardivement possible avant l'été.
Rappelons que les nappes réactives peuvent se vidanger en quelques semaines, lors d'une sécheresse prolongée et intense, couplée à une canicule, comme nous l'avons vécu en 2018.
Concernant le Languedoc-Roussillon, notamment l'Aude et les Pyrénées-Orientales, qui ont connu des records de pluie cet hiver, la situation pendant cet été 2026 devrait être beaucoup plus favorable que lors des 4 étés précédents, où la sécheresse était historique.