Étude sur l'îlot de chaleur urbain : quelles sont ces villes particulièrement menacées par le réchauffement climatique ?

Selon certains chercheurs, les îlots de chaleur urbains dans les villes tropicales et subtropicales risquent d'être exacerbés par le réchauffement climatique. Quelles villes seront particulièrement concernées, avec un danger sanitaire sérieux pour leurs habitants ?

Même avec un réchauffement global limité à +2°C, certaines villes pourraient subir une amplification locale du phénomène d'îlot de chaleur urbain.
Même avec un réchauffement global limité à +2°C, certaines villes pourraient subir une amplification locale du phénomène d'îlot de chaleur urbain.

Et si l'inquiétude quant à l'accentuation du réchauffement climatique concernait particulièrement les villes ? Et pas n'importe lesquelles : selon une étude menée par des chercheurs de l'Université d'East Anglia, en Angleterre, le phénomène d'îlot de chaleur urbain pourrait être amplifié par ce réchauffement, dans les zones tropicales et subtropicales. De quels pays parle-t-on ?

104 villes étudiées

Vous l'avez peut-être ressenti à Paris, à Lille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux ou Marseille, lors des périodes de canicule, les villes se transforment en véritables îlots de chaleur urbains, phénomène pendant lequel la température en ville est bien plus élevée que celle des zones rurales environnantes, notamment en cours de nuit, restant parfois bloquée au-dessus de 20°C.

Ces îlots de chaleur sont notamment dus à la présence d'infrastructures bétonnées en ville et au manque de végétation. Ces chaleurs urbaines peuvent avoir de graves conséquences sur la santé humaine, avec notamment une augmentation de la mortalité, alors que d'ici 2050, environ 68% de la population mondiale devrait vivre en ville (contre un peu plus de 50% aujourd'hui).

Dans leur étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), nos chercheurs ont effectué des projections climatiques sur 104 villes de taille moyenne, avec une population comprise entre 300.000 et 1 million d'habitants, en calculant les températures à la surface du sol entre 7h et 22h.

Les régions à mousson très impactées

Leurs résultats sont éloquents : dans 81% de ces villes, les températures devraient augmenter davantage que dans les zones rurales environnantes, avec un réchauffement climatique global de +2°C. Plus grave encore, même un réchauffement inférieur à 2°C, donc peut-être dès 2050, 16% de ces villes devraient connaître des températures moyennes de 50 à 100% supérieures à celles des zones voisines !

Mais de quelles villes parle-t-on ? Essentiellement des villes tropicales et subtropicales, situées dans le Nord-Est de la Chine, le Nord de l'Inde ou encore en Afrique de l'Ouest, des régions de mousson, où le réchauffement global pourrait atteindre +3°C d'ici 2050, contre +1,5 à +2°C pour leurs arrière-pays, selon les projections du modèle utilisé par ces chercheurs.

Selon le professeur Manoj Joshi, co-auteur de l'étude, "le stress thermique urbain lié au changement climatique est une préoccupation croissante", ces villes ayant une vulnérabilité plus importante à la hausse des températures. Même si le réchauffement global est limité à +2°C, les villes étudiées pourraient subir une amplification locale du phénomène d'îlot de chaleur, plus intense que prévu, ce que sous-estiment les modèles climatiques actuels.

Références de l'article :

GEO. Réchauffement climatique : ces régions du monde où les villes pourraient voir leurs températures fortement augmenter.

S.Berk et al., PNAS, 2026. Amplified warming in tropical and subtropical cities under 2°C climate change.