Baisse de l'enneigement en France : le métier de moniteur de ski est-il en voie de disparition ?
Moins de neige en basse et moyenne altitude, des hivers plus doux, les stations de ski françaises s'adaptent au changement climatique, comme les moniteurs et monitrices de ski qui savent que leur métier fait face à de plus en plus d'incertitudes, malgré une passion qui, elle, ne diminue pas.

Planté de bâton, chasse-neige, virages... Même sans avoir pris de leçon de ski de votre vie, ces termes vous sont forcément familiers ! Les moniteurs et monitrices de ski font intégralement partie de la carte postale montagnarde, facilement identifiables à leur tenue rouge et leurs lunettes polarisées. Aujourd'hui, ce métier se retrouve face à des incertitudes liées au changement climatique.
Un métier-passion soumis à de nombreuses contraintes
En un demi-siècle, les Alpes de basse et moyenne altitude on perdu près d'un mois d'enneigement. La raison ? Un climat bouleversé et des chutes de pluies qui remplacent la neige, ainsi qu'une arrivée plus tardive des premiers flocons et une fonte plus rapide au printemps.
Très largement soumis à la saisonnalité, et même si les stations de ski font tout pour adapter leurs offres à l'année, le moniteur de ski doit s'adapter. C'est le cas de Simon, interrogé par BFMTV. L'été, il travaille dans la restauration, l'hiver, il passe « trois mois et demi sur les pistes, en fonction de la neige. »
La plupart des moniteurs suivent un rythme similaire, partisans de la pluriactivité, comme le révélait une enquête menée par le Syndicat National des Moniteurs de Ski Français (SNMSF) en novembre dernier. Selon les résultats, 87% des moniteurs âgés de 25 à 65 ans exercent au moins une activité secondaire. La nature saisonnière du ski, renforcée par la raréfaction de la neige, explique en grande partie cette tendance.
À Serre Chevalier, Rémi Borgioli a rendu la veste rouge.
— BFM DICI (@BFM_DICI) February 6, 2026
Après 15 ans comme moniteur de ski, il tourne la page face au manque de neige et à un tourisme quil juge déconnecté de la montagne. pic.twitter.com/Vc7ibNREUJ
Le métier de moniteur de ski reste la principale source de revenus pour 67% des répondants, tandis que l’activité complémentaire contribue à stabiliser leur situation économique tout au long de l’année. Beaucoup souhaitent aussi se former à de nouveaux métiers sportifs ou de montagne et ainsi pouvoir rester sur leur territoire.
La montagne fait partie des écosystèmes qui ressentent et vont ressentir le plus durement les impacts du réchauffement climatique. Le risque que redoutent les moniteurs est une concentration de la profession dans les stations de haute altitude, ainsi que des clients. Pour Simon, « on sera tous au même endroit, le ski sera toujours plus cher, et ça, ça fait moins rêver. »
Références de l'article :
L'écho touristique, Moniteurs ESF : le ski ne suffit pas