Consommation en hausse, intempéries : y a-t-il vraiment une pénurie d'œufs en France ?
Neige, tempête Goretti, fêtes, les rayons œufs des supermarchés ont du mal à se remplumer ces derniers jours. Cela semble faire écho aux pénuries rencontrées ces derniers mois, mais les professionnels du secteur se défendent de cette conclusion.

Rayons dégarnis, affiches signalant une « rupture temporaire », depuis plusieurs mois, les supermarchés peinent à maintenir les rayons œufs remplis. Mais d'où vient ce manque et peut-on vraiment parler de pénurie ? Les professionnels du secteur contestent ce constat et se veulent rassurant.
Pour la filière et les distributeurs, pas de pénurie à signaler
Produit facile à consommer et à cuisiner, bon marché face à d'autres protéines animales victimes de l'inflation comme la viande, l'œuf connait une forte hausse de consommation ces derniers mois, voire dernières années. En 2025, la consommation moyenne annuelle des Français est passée de 226 à 240 œufs par personne, ce qui représente un besoin supplémentaire de 300 millions d’œufs par an.
Problème ? La production n’arrive pas à suivre. Si les manques des derniers jours sont en partie attribués par la filière et les distributeurs aux épisodes neigeux et à la tempête Goretti qui ont ralenti l'approvisionnement, cela s'ajoute en réalité à une situation déjà globalement tendue depuis le début de l'année 2025.
« Les magasins sont livrés tous les jours et la production est constante. Le problème, c'est qu'on ne produit pas assez pour répondre à la demande, qui elle est en forte hausse. La demande a augmenté de 4 à 5%, tandis que la production n'a pu augmenter que d'1% maximum », détaille Alice Richard, directrice de l'interprofession des œufs (CNPO) à BFMTV.
Une filière en pleine transformation
La production progresse mais reste limitée, malgré un vaste plan national destiné à accompagner de nouveaux éleveurs. Entre le moment où un éleveur s’installe et celui où sa production atteint son rythme de croisière, il faut compter plusieurs mois. Et aux 47 millions de poules pondeuses que possède la France, il faudrait en ajouter un million.
Producteurs et distributeurs assurent qu'il n'y a "pas de pénurie" d'oeufs mais uniquement des tensions d'approvisionnement liées aux fêtes de fin d'année et à la neigehttps://t.co/8JGX77Ppcz pic.twitter.com/u5TohjEVt0
— BFM Business (@bfmbusiness) January 12, 2026
Le fait que la filière soit en pleine transformation ajoute aussi à la tension existante. L'Hexagone souhaite passer à des élevages quasi-totalement en plein air plutôt qu'en cage, ce qui demande la mise en place de nouveaux aménagements et de nouveaux poulaillers.
Alors comment s'approvisionner lorsque les étales sont vides ? Le moyen le plus sûr reste les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne.) Ces groupes constitués de consommateurs permettent d'avoir une vue à plus ou moins long terme sur la production.
« Cela permet de sécuriser l'approvisionnement, de se soustraire à tous les aléas des circuits longs, telles que les pénuries, et le consommateur n'est pas concerné par les ruptures de stocks », conclue sur RMC Stéphane Disdet, maraîcher bio et éleveur de poules pondeuses dans le Val-de-Marne.
Références de l'article :
France Info, Pour quelles raisons est-il si difficile de trouver des œufs ?
RMC BFMTV, Pénurie d'œufs: voici où en trouver s'il n'y en a plus dans votre supermarché