World Book Day : lequel est le plus écolo, le livre ou la liseuse ?

Livre papier ou liseuse électronique : derrière ce choix culturel se cache un véritable enjeu environnemental.

En dehors de la fabrication, c'est aussi l'utilisation qui rend un livre ou une liseuse écolo, ou non !
En dehors de la fabrication, c'est aussi l'utilisation qui rend un livre ou une liseuse écolo, ou non !

Le World Book Day (Journée mondiale du livre en anglais) est l'occasion parfaite pour remettre en question l'impact environnemental des passionnés de lecture. D'autant que 2 mondes s'affrontent : l'indétrônable livre papier, modèle traditionnel. Alors que la liseuse électronique représente la modernité et la dématérialisation. Mais d'un point de vue écologique, la réponse n'est pas si simple.

Attention, car il existe par ailleurs une journée mondiale du livre et du droit d'auteur célébrée le 23 avril. Il semblerait que ce World Book Day du 2 mars soit son homonyme anglais réclamé par l'UNESCO et célébré dans plus de 100 pays.

L’impact environnemental d’un objet ne se mesure pas uniquement à son utilisation mais à l’ensemble de son cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication, transport, usage et fin de vie. Pour un livre papier, cela passe par la production du papier, l’impression, la reliure et le transport jusqu’au lecteur.

Pour une liseuse, l’impact vient surtout de la fabrication du dispositif lui-même, qui requiert des métaux rares, de l’énergie et des composants électroniques complexes. Selon une étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe), fabriquer une liseuse génère l’équivalent de CO2 de plusieurs dizaines de livres papier.

Un seul appareil peut représenter jusqu’à 45 kg de CO2 liés à sa production, soit environ 50 fois la fabrication d’un livre papier de grand format lu une seule fois. Cela signifie qu’à usage unique, un livre papier demeure moins émetteur qu’une liseuse, si on ne lit qu’un petit nombre de livres par an.

La comparaison change toutefois quand on intègre l’usage. Pour les liseuses, les fichiers électroniques pèsent très peu en termes de données et n’ajoutent quasiment rien à l’impact des appareils après leur fabrication. Une fois l’objet fabriqué, la lecture d’un e-book consomme peu d’énergie, surtout si l’on recharge avec une électricité relativement propre.

C’est donc le nombre de livres lus qui fait pencher la balance. Plusieurs analyses suggèrent que le point de bascule où la liseuse devient plus écologique qu’une collection de livres papier se situe autour de 20 à 50 livres lus sur la durée de vie de l’appareil.

Au-dessous, l’empreinte de la liseuse reste plus importante ; au-dessus, elle devient plus favorable car l’impact de chaque livre numérique est très faible. Les modèles changent aussi selon les pratiques. Si vous achetez souvent des livres papier neufs et ne les relisez jamais, l’impact s’accumule rapidement.

En revanche, prêter des livres, les acheter d’occasion ou passer par les bibliothèques réduisent considérablement leur empreinte carbone par lecture puisque l’impact initial de la fabrication est réparti sur plusieurs lecteurs et/ou plusieurs lectures.

L’anecdote illustre bien cette dynamique : dans certaines bibliothèques belges, un seul exemplaire d’un livre peut être emprunté plus de cent fois par an, rendant son impact par lecture très faible. Cela montre que la durabilité d’un objet culturel dépend autant de la façon dont il est utilisé que de sa conception initiale.

En conclusion, il n’existe pas de réponse unique et universelle sur le plan écologique. Pour un lecteur occasionnel, un livre papier bien géré (seconde main, bibliothèque) peut être plus vertueux qu’une liseuse. Pour un lecteur intensif qui lit régulièrement des dizaines d’ouvrages chaque année, la liseuse peut finir par avoir une plus faible empreinte globale.

Pour ce World Book Day, la véritable question écologique à vous poser est sans doute quel support vous convient personnellement. Mais aussi, comment partager, réutiliser, ou prolonger la vie de vos livres, et ce, peu importe leur forme.

Références de l'article :

Journée-Mondiale, 2 Mars

Sarah Heinderyckx, RTBF, (15/03/2025), Livre papier ou liseuse électronique : que choisir pour réduire son empreinte carbone ?